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Bibliothèque HIVER 2012/2013 de nos POINTS DE VUE

Retrouvez ici une sélection de nos prises de position de OCTOBRE 2012 à JANVIER 2013

ÉTAT DES LIEUX DES COURSES EN FRANCE...

Janvier 2013

EXTRAITS DU RAPPORT AUGEREAU, "ÉTOUFFÉ" PAR LES INSTANCES DIRIGEANTES...

 

Le début de l’année 2012 avait été marquée par le rapport “Daniel Augereau” sur les courses, un état des lieux qui a fait du bruit, mais que les dirigeants des courses ont tout fait pour désamorcer auprès des politiques, hélas avec succès. En voici quelques extraits révélateurs :

 “L’Institution des courses repose sur des textes anciens et un double monopole: celui sur l’organisation des courses et celui sur la prise de paris qui ne peuvent être que mutuels.

 

La loi du 12 mai 2010 a renforcé le monopole de l’organisation des courses en définissant les obligations de service public incombant aux Sociétés Mères (modification de la loi du 2 juin 1891) mais elle a créé une situation nouvelle en faisant intervenir dans ce modèle économique fermé de nouveaux opérateurs, avec un risque de régression du pari hippique, ce dernier étant un produit « mature » dont le taux de pénétration dans la population est en baisse, illustré maintenant par une stagnation des enjeux hippiques après 10 années de croissance*.

 Par ailleurs, le contexte juridique n’est pas encore stabilisé. La nature et le niveau du prélèvement sur les enjeux en ligne reversé à la filière sont incertains. La rémunération de la filière par le jeu s’essouffle depuis 2007, elle ne se maintient en 2010 qu’en raison d’une modification de la fiscalité liée à l’ouverture des jeux. Les mesures fiscales masquent la « réalité » : en 2010, elles ont généré une croissance de 8,47% de la part nette des sociétés pour une croissance de seulement 0,4% du PMU. En 2009, le même résultat -une croissance de 0,4% du PMU- avait engendré une décroissance de 0,68% de la part nette des sociétés... En 2010, le prélèvement de l’Etat a diminué de -9, 6% (-107 Millions d’euros).

 La densification du programme a provoqué des coûts pour l’ensemble des acteurs (sociétés de course, Sociétés Mères et socioprofessionnels) qui ne sont pas mesurés dans un calcul de rentabilité global.

La densification qui a notamment permis au PMU d’occuper le terrain des jeux face à la concurrence, va rapidement connaître ses limites du fait d’une sollicitation excessive des hommes et des chevaux en France.

Les modèles économiques sont différents pour le Trot et le Galop (plat et obstacle) mais la situation face aux fondamentaux de recettes et de dépenses est comparable.

  

Des recettes en hausse constante depuis 10 ans ont permis globalement une augmentation soutenue des allocations alors que les propriétaires et les professionnels évoquent une dégradation du taux de couverture des charges par les gains. (Le taux de couverture est le rapport des gains sur les prix de pension. Il n’est pas l’objet d’un suivi référencé officiel. L’approche qui a pu en être faite le positionne autour de 40% au Galop et 60% au Trot).

De moins en moins de propriétaires français, nouveaux ou investis depuis longtemps, dont le risque financier augmente, achètent des chevaux. Les propriétaires sont de moins en moins enclins à investir dans la filière, pour des raisons souvent économiques, la passion passant progressivement au second plan de leurs sources d’intérêt. Il en est de même pour les éleveurs qui ont du mal à vendre leur production, les meilleurs étalons (principalement pour le Galop) se trouvant à l’étranger (souvent pour des raisons fiscales) et sont contraints d’aller faire saillir leurs bonnes juments en dehors de l’hexagone.

Il en est de même pour un grand nombre d’entraîneurs qui se trouvent en difficulté financière (manque de propriétaires ou de plus en plus de propriétaires « low cost ») s’obligeant pour survivre à devenir acquéreurs ou coactionnaires des chevaux qu’ils entraînent, ce qui les conduit souvent vers des situations personnelles fragiles (difficulté à se rentabiliser avec des coûts de gestion en augmentation, revenu aléatoire et statistiquement déficitaire). Par ailleurs la densification des courses, avec la modification des plages horaires, a fortement bouleversé l’organisation des socioprofessionnels. 

 

Actuellement, le « système français » ne saurait fonctionner sans une augmentation régulière de ses ressources...”

 

Ce constat si réaliste des courses est donc extrait du rapport complet réalisé par Daniel Augereau, en début d’année. Un rapport plus que jamais d’actualité et établi alors à la demande du Premier Ministre (F.Fillon). État des lieux qui avait le mérite de décrire, sans faux semblants, la réalité des choses.

La conclusion de cette première partie du rapport est fort inquiétante puisqu’il constate qu’il faudra “une augmentation des ressources.” Pourtant, nos dirigeants foncent -parlant d’une seule voix- tête baissée, sans quasiment rien changer au passé... Droit dans le mur ?

* On observe en effet que la croissance dont il est fait référence, en gros de 2000 à 2009, a été le fruit de nombreuses améliorations techniques :

-informatisation réussie qui a permis de jouer sur toutes les courses jusqu'au départ après avoir été longtemps bloqués à 13h (une avancée considérable ayant eu un fort impact sur le C.A !)...

-multiplication des points de vente, plus que doublés en quelques années... (je le répète, quelle enseigne n’augmenterait pas son C.A. en passant de 5.000 à 11000 points de vente ?)...

-publication des rapports désormais immédiate qui permet un recyclage maximal...(très bon pour le C.A là encore)...

-jeux de combinaison (trios, multi) dans toutes les courses, alors que ce n’était que marginal... Etc, etc...

Des avancées techniques considérables, avec un impact majeur sur le chiffre d’affaires, mais sous évaluées par les dirigeants, dont certains sont parvenus à faire avaler aux autres que la multiplication des courses était LA raison, et donc LA solution. Or, cela n’a pas eu l’effet escompté, et l’on va hélas s’en rendre compte brutalement désormais, l’énorme retard technologique ayant été comblé, et les propositions de jeux arrivés à saturation... Pourtant, on continue dans la spirale infernale du toujours plus de courses. Entêtement qui finit par écœurer les plus passionnés ?

 

Voilà pourquoi nous étions un certain nombre à voir d’un bon œil l’arrivée d’un regard nouveau et objectif  sur le paysage hippique, tout en ayant les connaissances de la base (éleveur-propriétaire indépendant) en la personne de Daniel Augereau. Ses conclusions étant empreintes de vérités, mais aussi d’espoir, avec des pistes qui permettaient de voir l’avenir en toute transparence (nous y reviendrons).

Mais les têtes pensantes des courses n’ont pas voulu de lui, mettant toutes leurs relations (il faut taper haut pour évincer un homme mandaté par un Premier Ministre...) en œuvre pour l’écarter... Ils ont préféré rester entre-eux. Probablement pour ne pas être déjugés, mis devant leurs responsabilités. Résultat des courses, ils poursuivent leur politique dévastatrice, qui va maintenant toucher de plein fouet les socioprofessionnels, qui avec la stagnation, puis la probable baisse des recettes, vont payer la note, avec le petit “cadeau” de fin d’année : la hausse de la TVA et ses effets pervers. Alors qu’ils se sont sacrifiés, eux et leurs personnels, pour courir aux quatre coins de la France, pendant que l’institution continue, elle, de dépenser sans compter...

P.Lanabère

NOTRE VÉRITÉ SUR LES JOCKEYS VEDETTES

Notre avis

sur les quatre cavaliers-vedettes
 

Matthieu Abrivard :

le plus fin, le plus élégant à cheval.

Il est celui qui fait le moins d'erreur et ménage le plus ses montures, s'étant bien assagi avec l'âge et l'expérience.

Il ne gâche jamais une belle chance, au moins pour les places.

 

Yoann Lebourgeois :

Un "cas". Excellent cavalier mais il ne semble connaître qu'une tactique : "qui m'aime me suive" ou "devant et méchant". Il tire la quintessence de ces montures... qui ont parfois du mal à finir leur parcours. Cela peut être efficace sur une course ! Pour une "carrière", c'est moins évident.

 

Franck Nivard :

Une "main" exceptionnelle à l'attelé comme au monté où il parvient à garder au trot des chevaux très compliqués. Un artiste qui n'est pas sans rappeler le prodige qu'était Michel Gougeon, plus grand jockey de tous les temps version "ancienne monte". Il tire la quintessence de ses partenaires.

 

Éric Raffin :

L'un des plus doués de sa génération. Mais trop chaud parfois, ayant tendance à confondre vitesse et précipitation. Esthétiquement, c'est "spécial", il monte très "aérien" et a parfois du mal à maintenir ses partenaires dans le dernier tournant, comme embarqué par la force centrifuge... Mais les chevaux soufflent durant ces quelques instants, et repartent parfois bien dans la ligne droite.

COURSES ÉTRANGÈRES : JEU À L’AVEUGLE ?

Janvier 2013

Ayons la curiosité de regarder quelques courses étrangères peu après. Samedi 5 janvier, 1ère course au Chili. Le numéro 11, grandissime favori sur place (il finira à 3,5/1 en France) termine cinquième... La lauréate, qui restait sur deux échecs (dixit le chroniqueur d’Equidia en direct) gagne de loin à une cote chilienne assez basse. Elle passera de 25 à 20 au PMU. Quant au deuxième de la course, c’est le pompon ! Dixit Jean-Charles Courouvre, sur Equidia avant l’épreuve : “Je ne comprends pas la cote très basse de ce N°8. Il mériterait, sur ses performances, d’être parmi les plus abandonnés...”.

Il est pourtant parmi les favoris au Chili et sa cote remontera en final à 10/1. En France, au PMU, il tombera de 21 à 11. Il terminera donc deuxième derrière la fuyarde...

Si cela n’est pas une arrivée étrange, avec des enjeux étranges, voire du délit d’initiés ou une course arrangée, cela y ressemble. Voilà pourquoi il ne faut pas, à mon sens, miser  sur ces épreuves. Reste à savoir si elles méritent d’être proposées aux parieurs français vu les risques ?

LES “POLICIERS” DES COURSES PLUS QUE JAMAIS SUR LA SELLETTE...

15 décembre 2012

Décisions trop souvent incohérentes, manque d’indépendance (nommés par les instances dirigeantes et donc sous contrôle), manque de transparence de leur statut (comment sont-ils rémunérés, indemnisés?), les commissaires (trot-galop) et juges aux allures (trot) sont, on l’a vu il y a quelques semaines, régulièrement remis en cause au cœur des débats turfistes, tout du moins là où ces derniers peuvent s’exprimer librement... Cette semaine a encore eu son lot de décisions approximatives avec, par exemple, l’enquête ouverte sur les allures de SLAVKO, jeudi, après un succès net et sans bavures. Heureusement il a été maintenu après enquête ; il pouvait difficilement en être autrement, ses allures n’étant nullement répréhensibles... On aurait même pu taxer les commissaires d’enquête frivole... s’ils avaient des comptes à rendre. Ce n’est pas le cas... Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Ainsi, dimanche dernier, dans le Critérium des 3 Ans, ils ont décidé d’ouvrir une enquête sur VICTOIRE (troisième à l’arrivée) pour une faute (gênée par un adversaire) dans... le premier tournant ! Du quasi jamais vu. Le pauvre parieur (José Dominici) qui avait osé attaquer en justice le Cheval Français, pour la non disqualification d’un favori (L’AMI D’UN SOIR) suite à une longue faute à mi-parcours, appréciera... Lui qui a perdu son procès et est condamné à payer un dédommagement conséquent au organisateurs. Le crime de “lèse-majesté” se paye cher encore de nos jours...  Dimanche, et c’est heureux, VICTOIRE a fait une quinzaine de foulées (c’est le seuil au-delà duquel on doit être disqualifié, seuil que L’AMI D’UN SOIR avait largement dépassé) et le bénéfice du doute lui a profité. Le contraire aurait été injuste car cette faute n’était pas de son fait (accrochée). Mais cela, les commissaires n’en tiennent pas compte. Arbitrer dans l’esprit ne fait pas partie de leurs priorités. Pourtant, il est curieux de remarquer que la nouvelle défense des organisateurs, depuis le procès perdu de José Dominici, c’est de se retrancher derrière “l’erreur humaine”, la “faute d’arbitrage”, bien pardonnable comme dans tous les sports...

C’est oublier un peu vite que dans les autres sports, les arbitres doivent juger en direct, dans la seconde, et n’ont pas la possibilité (sauf pour les essais en rugby ou du coup, il n’y a plus AUCUNE erreur) de visionner les images vidéos. Si c’était le cas, jeudi l’équipe de France féminine de hand (éliminée au championnat d’Europe sur un but refusé) aurait vu son but validé, la vidéo étant incontestable.... La faute d’arbitrage, l’erreur humaine, si triste soit elle pour les acteurs, peut être mise en avant sans l’aide de la vidéo. Mais dans les courses hippiques, on le sait, les commissaires ont un arsenal conséquent de vues sous tous les angles qui ne leur laisse aucun droit à l’erreur. Et pourtant...

LES COURSES SUR "L’EQUIPE 21"

15 décembre 2012

PAS UNE SI BONNE AFFAIRE ?...

Depuis plusieurs semaines, les "événements" n'en sont plus pour les chaînes publiques, exception faite du week-end. En effet, pas moyens de voir la retransmission du quinté sur France-Télévision du lundi au vendredi, et c'est évidemment extrêmement regrettable avec un impact négatif probable, même s'il n'est pas énorme, sur les enjeux. En effet, bon nombre de turfistes qui considèrent encore les courses comme une compétition m'ont confié ne plus jouer en semaine, le fait de parier jouer étant un tout. Qu’en conséquence, apprendre subitement le résultat, avec une liste de numéros gagnants, ne les intéressaient plus, qu’il y avait pour cela le Loto... Encore qu’on assiste au tirage des boules sur France Télévision !

Conscients ou non de cet impact, les dirigeants ont cherché une solution palliative et ont fièrement annoncé un créneau (inespéré) sur... l'Equipe 21, l'une des six nouvelles chaînes proposées par la TNT. Le lancement a eu lieu ce jeudi 12 décembre, avec une émission axée sur le côté sportif. C'était le prix virtuel à payer pour que le groupe "L'Equipe" s'intéresse au sujet, en dehors du prix d'indemnisation versée à la chaîne, dont on murmure qu'il serait de un million d'euros par an. Chiffre officieux car le secret, pour ne pas dire l'omerta est toujours totale sur “ce qui coûte” à l'institution (télé, Equidia, Gény-Courses...), et en général sur les chiffres, y compris les enjeux. Drôle de conception pour un organisme dépendant de l'État et financé par les parieurs... Alors cet investissement, quel qu'il soit, permettra-t-il de satisfaire les turfistes de semaine (France-Télévision gardant jusqu'à nouvel ordre le créneau du week-end) ?

Pas sûr. Déjà, le fait de ne vouloir traiter les courses que sous l'angle sportif est louable mais va vite atteindre ses limites. À moins de vouloir laisser croire que des courses de faible niveau (ce qui n'est pas le cas actuellement à Vincennes, fort heureusement) peuvent être palpitantes... On voit mal une chaîne de sport vanter les louanges des cinquièmes divisions sportives. Alors pourquoi aux courses ? À moins de masquer la vérité. De faire prendre des vessies pour des lanternes. Possible avec toujours les mêmes commentateurs, rémunérés par (et donc sous contrôle) les instances des courses. Comme la télé des années 60 était sous contrôle du gouvernement, on en a vu les limites...

Autre élément de contrariété, la couverture de ces nouvelles chaînes TNT, ce dont personne ne parle dans le milieu des courses... Pourtant, la carte ci jointe illustre parfaitement que finalement peu de turfistes vont y avoir accès rapidement. Depuis jeudi, ce sont les régions de la "PHASE 1", en vert foncé qui sont concernées. Si vous n'habitez pas l'Ile de France, la région de Marseille ou l'Aquitaine, vous n'aurez toujours pas de retransmission des quintés en semaine. En raison d'importantes contraintes techniques, les six nouvelles chaînes, dont L'Equipe21, ne vont en effet se déployer que progressivement sur le territoire français, pour toucher (presque) toute la population en... juin 2015 !

Pour savoir quand vous aurez la chance d'être couvert, voici les différentes phases du développement par grandes villes et régions :

– PHASE 1 : depuis le jeudi 12 décembre 2012: Paris, Marseille, Bordeaux, Auxerre, Troyes, Bayonne

– PHASE 2 : à partir du 26 mars 2013: Nantes, Tours, Rennes, Brest, Angers, Le Mans

– PHASE 3 : à partir du 11 juin 2013: Rouen, Le Havre, Chartres, Cherbourg, Laval

– PHASE 4 : à partir du 24 septembre 2013: Toulon, Nice, Avignon, Ajaccio

– PHASE 5 : à partir du 22 octobre 2013: Metz, Nancy, Strasbourg

– PHASE 6 : à partir du 17 décembre 2013: Lille, Amiens, Dunkerque

– PHASE 7 : à partir du 21 janvier 2014: Orléans, Poitiers, Limoges, La Rochelle, Bourges

– PHASE 8 : à partir du 8 avril 2014: Clermont Ferrand, Le Puy, Reims

– PHASE 9 : à partir du 10 juin 2014: Besançon, Dijon, Le Creusot

– PHASE 10 : à partir du 23 septembre 2014: Montpellier, Perpignan, Carcassonne

– PHASE 11: à partir du 21 octobre 2014: Toulouse, Aurillac, Epinal, Mulhouse

– PHASE 12 : à partir du 7 avril 2015: Grenoble, Chambéry

– PHASE 13 : à partir du 2 juin 2015: Lyon, Saint Etienne, Chamonix

Couverture TNT incomplète

15 décembre 2012

Autre élément de contrariété, la couverture de ces nouvelles chaînes TNT, ce dont personne ne parle dans le milieu des courses... Pourtant, la carte ci jointe illustre parfaitement que finalement peu de turfistes vont y avoir accès rapidement. Depuis jeudi, ce sont les régions de la "PHASE 1", en vert foncé qui sont concernées. Si vous n'habitez pas l'Ile de France, la région de Marseille ou l'Aquitaine, vous n'aurez toujours pas de retransmission des quintés en semaine. En raison d'importantes contraintes techniques, les six nouvelles chaînes, dont L'Equipe21, ne vont en effet se déployer que progressivement sur le territoire français, pour toucher (presque) toute la population en... juin 2015 !

Pour savoir quand vous aurez la chance d'être couvert, voici les différentes phases du développement par grandes villes et régions :

– PHASE 1 : depuis le jeudi 12 décembre 2012: Paris, Marseille, Bordeaux, Auxerre, Troyes, Bayonne

– PHASE 2 : à partir du 26 mars 2013: Nantes, Tours, Rennes, Brest, Angers, Le Mans

– PHASE 3 : à partir du 11 juin 2013: Rouen, Le Havre, Chartres, Cherbourg, Laval

– PHASE 4 : à partir du 24 septembre 2013: Toulon, Nice, Avignon, Ajaccio

– PHASE 5 : à partir du 22 octobre 2013: Metz, Nancy, Strasbourg

– PHASE 6 : à partir du 17 décembre 2013: Lille, Amiens, Dunkerque

– PHASE 7 : à partir du 21 janvier 2014: Orléans, Poitiers, Limoges, La Rochelle, Bourges

– PHASE 8 : à partir du 8 avril 2014: Clermont Ferrand, Le Puy, Reims

– PHASE 9 : à partir du 10 juin 2014: Besançon, Dijon, Le Creusot

– PHASE 10 : à partir du 23 septembre 2014: Montpellier, Perpignan, Carcassonne

– PHASE 11: à partir du 21 octobre 2014: Toulouse, Aurillac, Epinal, Mulhouse

– PHASE 12 : à partir du 7 avril 2015: Grenoble, Chambéry

– PHASE 13 : à partir du 2 juin 2015: Lyon, Saint Etienne, Chamonix

VOUDRAIT-ON NOUS FAIRE AVALER DES COULEUVRES ?

08 décembre 2012

Récemment, la Société du Cheval Français (trot) nous a fait parvenir un point de vue de son Président, Dominique de Bellaigue, intitulé “Le parieur, le propriétaire et le bénévole”. En voici quelques morceaux choisis qui ne manquent pas de me faire réagir...

“Les courses hippiques sont assises en France sur la fragile alchimie de la passion des propriétaires, des parieurs et des bénévoles organisant les courses. Trois piliers pour une seule passion celle des courses hippiques. Aujourd’hui 6.000 bénévoles offrent leur temps pour assurer le bon fonctionnement des 245 hippodromes qui jalonnent le territoire français. Plus de 10.000 propriétaires assouvissent leur passion pour les courses en finançant de leur poche 50% du coût du cheval. Plus de 3 millions de parieurs apportent à l’État plus d’un milliard d’euros et aux chevaux plus de 500 millions d’euros, amenuisant de fait la charge des propriétaires. Les bénévoles, les propriétaires, les turfistes sont régulièrement célébrés par l’Institution, notamment sur nos champs de course. Une preuve supplémentaire que les dirigeants reconnaissent la contribution positive de tous ces groupes. Il n’y en a pas un plus important que l’autre. Tous contribuent à l’existence et à la pérennité des courses en France.

Nous savions que l’ouverture des jeux impliquerait l’arrivée dans le système économique des actionnaires des nouveaux entrants réclamant une juste rémunération de leur capital investi. Charge à chaque opérateur d’innover pour se distinguer. Nous avons fait le choix d’une réaction positive et proactive du PMU pour soutenir son activité, son offre de jeu, son réseau. Les résultats sont au rendez-vous dans un contexte nouveau de concurrence plus frontal des jeux hippiques et des jeux sportifs.

Nous devons consolider et moderniser ce modèle vertueux alors même que les contraintes budgétaires vont se raffermir (hausse de la TVA, fiscalité du patrimoine sous pression) et que l’Union Européenne s’interroge sur le bien-fondé d’une juste rémunération de la filière par les opérateurs. Nous sommes avertis, la Filière est menacée. Nous sommes confiants, nous avons les ressources pour pérenniser cette alchimie entre le parieur, le propriétaire et le bénévole.”

À la lecture de ce point de vue, j’avoue que le tableau général, dans ses grandes lignes, est assez bien résumé, malgré quelques contradictions. Comment, notamment être confiant si la filière est menacée ? Mais d’autres parties de ce tableau me troublent... Tout d’abord concernant l’hommage rendu aux trois piliers, dont le parieur. Évidemment, je ne puis qu’être d’accord avec cette analyse digne de M. de La Palice. Dommage que les grands dirigeants, notamment au PMU, n’en tiennent pas compte ; inutile de rappeler tous les éléments qui démontrent au quotidien le mépris envers les parieurs, nous le faisons régulièrement ici. Mais s’il ne fallait citer qu’une contradiction entre paroles et actes, ce serait la proposition exponentielle des réunions de médiocre qualité à l’étranger, sans aucune garantie de la régularité des courses, ni de la surveillance des médications ! Respecter le parieur, c’est d’abord lui proposer de jouer sur des courses au moins aussi fiables que celles ayant lieu en France, (même si c’est loin d’être parfait partout). Or, dans certains pays, c’est loin d’être le cas..._

Le respect du turfiste doit se traduire au quotidien, et UNE journée honorifique des parieurs dans l’année, à Vincennes, ne suffit pas à se dédouaner de tout le reste... Respecter le parieur, pour les sociétés de course, ce serait par exemple ne pas cautionner un système de surveillance amateur qui fait que le joueur ne sait jamais si le règlement va être appliqué ou non. Respecter le parieur, ce serait aussi ne pas fermer les yeux, quotidiennement, sur les comportements en totale contradiction avec le code des courses (professionnels préparant leurs objectifs en compétition devant des autorités aveugles ou complices). Respecter le parieur, ce serait ne pas le gaver de courses du matin au soir jusqu’à ne plus faire la différence entre les champions et les ânes (que j’aime beaucoup par ailleurs). Imaginerait-on une seule seconde un autre sport proposer de jouer et de diffuser sur un pied d’égalité des matchs de son élite et des matchs de sixième zone ?

Respecter le parieur, pour le PMU, ce serait ne plus lui proposer une tirelire avec des numéros loterie qu’il ne peut choisir et qui n’ont rien à voir avec la compétition hippique. Ce serait aussi respecter tous les parieurs, y compris ceux qui se laissent tenter par le ticket “spot”, de ne plus leur proposer, dans certains quintés, des numéros qui n’ont aucune chance de sortir puisque portés par des “chevaux de jeux”, comme trois d’entre eux encore cette année dans l’Arc. Trois numéros perdants avant même que la course ait lieu. Où est donc le respect dans tout cela ?

Et enfin, Monsieur le Président, ne travestissez pas les chiffres pour en faire un alibi. Quand vous signalez que vous avez fait, avec le PMU et France-Galop, “le choix d’une réaction positive et proactive pour soutenir l’activité, son offre de jeu, son réseau et que les résultats sont au rendez-vous...”, vous oublier un peu vite ce que vous aviez déclaré en octobre 2010 :

“Cette année, le PMU devrait conclure l'année avec une croissance de 0,3% ou 0,4%. Force est de constater que ce n’est pas cher payé, presque du gâchis lorsque l'on sait que 1230 courses supplémentaires bénéficient du support national. Sans cette hausse conséquente, on se dirigeait probablement vers un -5%. On ne pourra pas tenir encore dix ans à ce rythme...”

Vous aviez alors raison. D’autant qu’en cette année 2010, sans un cadeau fiscal de l’Etat de 100 millions d’euros, dû à la nouvelle loi de juin 2010 sur les paris, et par conséquent d’actualité pour les années suivantes, les résultats financiers n’auraient pas été ceux annoncés ! Comme quoi l’ouverture des paris n’a pas eu que des désavantages...

Vous déclariez également : “On est entré dans la folie et cette marche forcée vers une multiplication de courses supplémentaires n'est pas sans conséquence sur Equidia. On est en train de détruire la chaîne dédiée au cheval qui devient de plus en plus celle du jeu. L'autre problématique est sans conteste l'addiction. C'est un véritable drame puisqu'on est en plein dedans...”.

Vous avez résolu une partie du problème, pour un coût très élevé, en créant une deuxième chaîne Equidia, qui ne protège hélas même pas les réunions classiques le week-end... Mais qu’en est-il pour le reste ?

G.N.T : MENTION BIEN MAIS PEUT MIEUX FAIRE

01 décembre 2012

Dimanche, beau programme à Vincennes avec notamment la finale du GNT, tournoi célèbre du trot français, mis en place sur une idée de Gilbert Cornet. Un concept qui s’est révélé très attrayant même si les règles ne sont pas parfaites. Avec ses rendements de distances, il faut reconnaître que le circuit du GNT est un “championnat” un peu particulier. Mais comment parvenir à sacrer vraiment le meilleur sur l’année, quand tous ne sont pas à départ égal lors des différentes étapes ? Alors, les placer tous au même échelon dans toutes les étapes est-il une solution ? Bien évidemment non. Tout d’abord, cela ôterait du suspens (on retrouverait quasiment toujours la même hiérarchie en place) et surtout, on risquerait de manquer de participants. Or, la force de ce circuit, c’est aussi de livrer, en milieu de semaine en province, des épreuves fournies et de bon niveau aux turfistes amateurs de paris à la carte. Nous n’avons pas les chiffres (le PMU refuse toujours de communiquer sur les enjeux !) mais nous sommes prêts à parier que ces épreuves-là font recette. Quand qualité et quantité sont réunies, cela a toujours intéressé les parieurs. Et cette année, les épreuves ont été intéressantes, une fois de plus. Sur des parcours variés, le plus fort a été SOLEIL DU FOSSE, même s’il ne tourne qu’à gauche. Mais quelques déceptions prévues corde à droite et le maillot jaune détenu, à la veille de la finale, par RISKAYA qui a obtenu de moins bons résultats que lui, pose évidemment question. Nous avions évoqué certains de ces paramètres il y a quelques semaines et notamment une aberration : pour inciter les entraîneurs à participer, les dirigeants avaient mis en place une prime à la participation si disproportionnée que RISKAYA -dont l’entourage avait habilement décrypté le nouveau règlement en début d’année, bravo à eux-, marquait plus de points, dans les dernières étapes, que le cheval qui terminait deuxième de la course ! Heureusement, le Directeur technique de la SECF a su entendre la critique et va faire corriger cette règle absurde pour 2013. Félicitons-le de cette réactivité car son prédécesseur, Jacques Chartier, considérait lui toute remarque ou critique comme irrecevable. Surtout si elle venait de la presse. Ce qui ne faisait guère avancer le schmilblick... Profitons donc des bonnes dispositions actuelles pour soumettre une idée qui pourrait pourquoi pas être discutée. Afin d’assurer de la participation et de la qualité, deux notions peu compatibles dans un tel tournoi, mais indispensables pour une bonne recette, pourquoi ne pas attribuer un coefficient en fonction du poteau de départ. En maintenant le barème actuel (excellent), mais simplement en doublant les points si le cheval rend 25 mètres, ou en les triplant s’il rend 50 mètres. Cela aurait l’avantage de motiver la participation des plus riches, parfois peu tentés de tenter l’exploit...

LES JUGES ET COMMISSAIRES LES PLUS MAUVAIS DE L’HISTOIRE ?

24 novembre 2012

 

C’est hélas récurrent mais comment ne pas évoquer, en ce début de meeting hivernal des trotteurs, les (déjà) nombreuses interrogations qui se posent quant aux décisions des commissaires et juges aux allures. Sur simplement une semaine écoulée, on a eu une multitude de fautes graves non sanctionnées.

Cela commence vendredi dernier, avec la victoire de TORINA, dans des allures qui auraient méritées sanction. Enquête (tout de même) mais résultat maintenue !

Le lendemain, samedi, dans la course majeure, le Prix de Bretagne, ROYAL DREAM termine troisième après avoir dû changer de ligne en raison d’un mouvement, de la corde vers l’extérieur, de la lauréate ROXANE GRIFF. Incident qui coûte à coup sûr la deuxième place au premier nommé, qui la perd d’un nez face à QUOUMBA DE GUEZ. On croyait le règlement pourtant clair. Si une gêne occasionnée coûte un meilleur classement à la victime (c’est le cas ici), le coupable de ce mouvement doit être rétrogradé derrière la victime. Règlement on ne peut plus logique et applicable, par conséquent, dans ce Prix de Bretagne. Pourtant, rien à signaler du côté des commissaires. Pas même d’enquête ! N’auraient-ils rien vu ?

Lundi, toujours à Vincennes, dans la 5è, la pouliche arrivée troisième, UNE DE MARCO a passé moins de temps au trot que dans d’autres allures répréhensibles durant le parcours. Une enquête a été ouverte sur la ligne droite finale... Et comme son plus mauvais passage fut antérieur à cette ligne droite, elle a été maintenue. 

Mardi soir, le lauréat de l’épreuve d’ouverture, TWIST DES BAUX, “écrase” ses deux adversaires directs dans le dernier tournant, au moment où il tentait de les déborder (avec difficulté) par l’extérieur. En se “couchant” vers la corde, il se simplifie la tâche en éliminant TRAVEL CHARM (au galop, disqualifié) et en gênant considérablement, par contrecoup, TRIANON DE TAGOR, qui terminera deuxième. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le déroulement de la course a été modifiée, et son arrivée également. D’ailleurs, les commissaires l’ont vu, puisqu’ils ont sanctionné l’apprenti coupable de huit jours de suspension... Mais ils ont maintenu le résultat ! Allez comprendre. En aparté, signalons qu’une telle sanction pour un apprenti n’est pas lourd de conséquences puisque les apprentis ne courent pas tous les jours, et que le fait que les deux victimes de ces incidents soient des représentants de l’écurie Vicoria’s Dream (ROYAL DREAM et TRAVEL CHARM) -que les commissaires ont dans le collimateur- soit un hasard... En attendant, les victimes sont, au bout de la chaîne, les courses et les joueurs car les résultats ne sont pas ceux  qui auraient dû être validés si les règles avaient été respectées.

À CROIRE QUE LES COMMISSAIRES AVAIENT QUITTÉ L’HIPPODROME AVANT LA DERNIÈRE COURSE...

Si dans les cas précédents, on peut évoquer l’incompétence, une mauvaise vue ou je ne sais quoi d’autre, terminons par celui qui illustre le mieux que même sans esprit partisan (qui fait que tous les professionnels ne sont pas jugés de la même manière), ces juges et commissaires là sont avant tout d’une incroyable incompétence. La “der” de Vincennes samedi est l’un des cas les plus hallucinants qu’il m’ait été donné de voir, à telle point que je me demande encore les juges étaient encore présents, samedi, vers 17h40...

Au départ, VODKA DES CAILLONS volte au galop, là on peut ne pas compter ses foulées et considérer que le départ n’est pas encore véritablement donné. Soit. Mais même en écartant ces premières foulées de galop, on peut compter, une fois la pouliche lancée et bien en ligne, dix-sept foulées avant d’être à peu près remise au trot... Il y avait donc largement le compte pour être disqualifiée, elle ne l’a pourtant pas été ; Arrive ensuite le premier tournant. Là, la jument empiète durablement (tout le virage en passant alors à l’intérieur de six piquets) sur la piste de dégagement et gagne du coup un terrain enviable sur ses adversaires. Pour preuve, elle se retrouve, à la sortie de ce tournant, en milieu de peloton alors que celle qui l’accompagnait alors à la dernière place, qui a respecté la trajectoire normale, est toujours bonne dernière à vingt bons mètres de notre VODKA DES CAILLONS... Après ce très long temps de galop au départ, et ce raccourci interdit, cette pouliche sera classée troisième, payée donc au jeu simple, aux couplés placés, aux trios, aux Multi, au 2sur4... Toute une liste de jeux du PMU faussés, et des parieurs médusés devant tant de laxisme.

Ne pas voir une jument qui galope durant les deux cents premiers mètres est une faute qui mériterait sanction, mais ne pas voir non plus l’incident du tournant est aussi grave. L’accumulation impardonnable. Face à cette accumulation d’incompétence, il serait logique de demander une refonte du système et la mise en place, enfin, de commissaires et juges professionnels responsables de leurs fautes. Nous ne sommes plus là dans l’erreur d’arbitrage comme le clame certains, mais bel et bien dans l’incapacité à faire respecter les règles. Mais de sanctions, il n’y en a jamais. Quoi qu’ils fassent, ils restent en place quasiment à vie... Ils continuent donc d’officier sans souci, soutenus par des dirigeants irresponsables, persuadés probablement que le fait d’avoir orienté le jeu sur le hasard plus que sur la réflexion a l’avantage de ne pas provoquer de réaction chez les joueurs de loterie, qui ne s’en rendent peut-être pas même compte. Pas davantage qu’une presse consensuel le par peur ou tout simplement par devoir, les employeurs de certains n’étant autre que les organisateurs...

Tout ce petit monde oublie juste que les turfistes qui jouent de manière raisonnée, ceux qui ont fait des courses un jeu intelligent, n’ont qu’une possibilité pour répondre à ces injustices : quitter le navire. Quand on voit les tribunes vides, et des enjeux à la baisse à données comparables, on peut penser qu’ils sont déjà un certain nombre à avoir sauté du bateau... Ils se sont peut-être aussi rendu compte que les juges et commissaires en place depuis quelques années sont probablement les plus mauvais de l’histoire des courses au trot, si on en juge par la gravité des erreurs et le rythme auxquelles elles interviennent...

NÉGLIGENCE OU MÉPRIS ?

17 novembre 2012

NÉGLIGENCE OU MÉPRIS... APPELEZ CELA COMME VOUS VOULEZ !

En fonction de la sévérité avec laquelle on observe le comportement des dirigeants des courses en France, on peut utiliser le terme de négligence (faute ou erreur due à un manque de soin, d’application...) ou de mépris (ne pas prendre en considération ; attitude traduisant l’indifférence, le dédain...). Pour ma part, les deux me semblent applicables à la plupart des décideurs qui se comportent comme des êtres “supérieurs”, ayant le droit (“de quel droit” d’ailleurs ?) de faire valoir une autorité incontestable dans les faits et les statuts, mais extrêmement contestable, pour un grand nombre, dès lors que l’on se penche sur leur compétences ou leur connaissance du milieu. L’une des principales compétences requises est la légitimité. Cela passe par une bonne connaissance de sa clientèle, à savoir le joueur, le turfiste. Les décisions ou comportements démontrant le contraire sont pourtant, hélas, quasi-quotidiens. Au point que l’on ne peut les évoquer tous (il faudrait une page complète hebdomadaire...). Nous ne mettons donc ici en exergue que les plus flagrants, ceux qui traduisent à la fois négligence et mépris. Ce fut le cas mardi à Angers, dans le quinté réservé aux galopeurs. Les organisateurs ont en effet protégé la corde lors d’une réunion précédente, préservant ainsi une partie de la piste. C’est louable, pour les chevaux. Le souci, c’est que beaucoup, la plupart, ignoraient  cette décision de “décorder” le jour J ! Avec l’effet que l’on connaît de la “lice à zéro”, phénomène  qui a une influence capitale sur le résultat de la course, avantageant considérablement les sujets allants, ou bien placés à la corde (a fortiori S'ils sont bien placés ET allants...). Cette “négligence”, ce “mépris” des parieurs, a eu pour effet de donner lieu à une arrivée pipée... Les cinq premiers étaient en file indienne le long de la corde à la sortie du dernier tournant et ont dominé la situation.

C’est grave. On continue ainsi à mépriser, à négliger ceux, pronostiqueurs et turfistes, qui étudient ou jouent en raisonnant. Car en effet, si pour LE LARRON (corde 16), il fallait sentir qu’il allait vite prendre tête et corde pour le retenir prioritairement, cela aurait tout de même permis d’accorder un crédit supplémentaire aux quatre autres, MALAKHAN (corde 1), SHORN GRASS (corde 3), MOUSAFIR (corde 5) et CABARETUNE (corde 2) qui avaient tous une chance régulière et qui pouvaient devenir des priorités avec cet élément de choix majeur. Encore aurait-il fallu pour cela que les organisateurs livrent toutes les données techniques, très clairement.

Alors faudra-t-il qu’un jour un parieur intente un procès avec comme fondement “Non communication d’une donnée majeure, déterminante sur l’arrivée, au client investisseur” pour que les dirigeants soient enfin conscients de leur responsabilité. Car dans ce cas, ils ont trompé par omission des millions de parieurs, en toute impunité...

LA GABEGIE ET LES BOURDES CONTINUENT...

10 novembre 2012

Les enjeux ne sont pas à la hauteur de ce que l’on pourrait en attendre avec les progrès techniques du PMU, le nombre de points de ventes, etc... Pourtant, l’institution ne semble pas courir après les bonnes recettes, continuant les “bourdes” monumentales dans son choix d’application des jeux. Plusieurs cas cette semaine avec notamment le PICK 5 d’avant-hier, jeudi, pitoyable à Toulouse (même réunion que le Quinté !) dans un handicap de 12 partants... Alors qu’à Vincennes, en réunion 2, se disputait un Groupe II, le Prix Marcel Laurent, avec 14 partants, parmi lesquels certains futurs protagonistes du Prix d’Amérique. Que des classiques ! Encore un évident manque à gagner conséquent et aucun responsable d’un tel échec économique.

Et que l’on ne vienne pas nous expliquer que l’on veut un Pick5 éloigné (en termes d’horaire) du Quinté. Tout d'abord, il avait été créé pour faire un événement dans des spécialités différentes... Et rien n’empêchait de placer cette course phare de Vincennes en fin de réunion, à 16h45, ce qui aurait aussi peut-être permis d’amener un peu plus de monde à Vincennes, bien désert...

L’ASSOCIATION DES TURFISTES EN COLÈRE, ET POUR CAUSE...

10 novembre 2012

L’ASSOCIATION DES TURFISTES EN COLÈRE, ET POUR CAUSE...

Outre le communiqué de l’Association des Turfistes (ci-contre) après le scandale du quinté de samedi dernier, l’un de ses membres responsables, habitué des hippodromes, a tenu à faire part de ses craintes suite aux évolutions des derniers mois. Voici donc le constat de Max Popiacki, jadis turfiste assidu, aujourd’hui turfiste en colère....

Quoi qu’en pensent les instances, les turfistes réagissent de la même façon, ils ne supportent plus la multiplication des réunions et du nombre de courses, le lancement de nouveaux jeux qui affaiblissent les rapports, les courses avec des partants médiocres,  etc... Mais  pour ceux qui fréquentent assidûment les hippodromes, notamment parisiens, il y a également d’autres paramètres qui ont tous viré au rouge. Le turfiste de terrain est une espèce en voie de disparition. Les  rescapés ont muté en turfistes-intermittents en raison de mesures incohérentes et répétitives, ignorées ou niées par nos Institutions. Pour celui qui ne se déplace pas en voiture, cela commence par le problème des navettes-hippodromes. M  Bélinguier, ex-Président du P.M.U, désormais Président de France-Galop nous a dit à deux ou trois reprises : “Les navettes marchent  bien,  je les prends moi-même...”

Mais la réalité est toute autre : les navettes en semaine ont été supprimées il y a quelques années. À Auteuil, s’est ajoutée la fermeture de l’entrée face au métro,  pour cause de travaux sur la pelouse ; il faut contourner l’hippodrome par un sentier. Imaginez par jour de pluie. À Chantilly, cela fait plusieurs fois que des turfistes me disent : “Ils ont fermé l’entrée la plus proche, celle des vans par laquelle on accédait facilement en sortant de la gare. Une entrée qui a pourtant été ouverte pour le Jockey Club et le Prix de Diane. Les autres jours, on s’est fait avoir, on a dû contourner l’hippodrome y compris sous la pluie... C’est fini. On n’y va plus. Tu leur diras que… stop !”. La décence ne me permet pas d’écrire tout ce qu’on me dit. On peut donc résumer tout cela en une “attitude à la France Galop” : suffisance, arrogance et mauvaise foi. Un autre exemple ? Le dimanche à Longchamp. L’année passée, et cette année en mai /juin, à la descente de la navette -bus, un préposé distribuait un ticket d'entrée, valable pour une autre réunion et l’entrée était gratuite pour les dimanches au galop. Celui qui vient en voiture n’y a pas droit. Bien sûr mécontent, il nous dit : « Si je venais en bus, il n’y aurait pas assez de navettes ! » Il y a également un préposé qui surveille s’il y a des «tricheurs» : c’est un turfiste qui serait venu en voiture et qui demanderait une carte d’entrée... “Il n’est pas sorti de la navette-bus, il n’y a pas droit !” Pierre, un fidèle -qui fait partie de notre Bureau- m’a précisé : “Je n’étais pas sûr que le préposé m’ait vu sortir  de la navette, alors j’ai préféré payer ; je n’accepterais pas que l’on me parle sur ce ton là, qu’on me prenne pour un tricheur.” Autre exemple : un turfiste âgé mais alerte, qui habite Boulogne et qui vient quelquefois à pied à Longchamp quand il fait beau m’a dit : “On m’a refusé une carte d’entrée un dimanche car je ne descendais pas de la navette - bus, j’ai payé...Je ne comprends pas !” Pour les autres hippodromes de la région parisienne  (hors Maisons-Laffitte où 2 bus font des allers-retours qui donnent satisfaction malgré quelques ratés quelquefois), plus rien... sauf à Saint-Clou où il y a navette le dimanche (Porte Maillot). Combien de réunions le dimanche à Saint-Cloud dans l’année ? Une ! J’en conclus donc que M Bélinguier prend des navettes...qui n’existent pas.

Il n’y a donc plus grand monde sur les hippodromes. Sauf le jour de l’Arc, bien sûr. Jour où des individus douteux vendent comme chaque année des cartes gratuites à 4 euros, principalement à des étrangers.  Par quelles voies se les procurent-ils ? Je ne le sais pas, et M. Tassin, haut responsable, non plus. Il nous a d’ailleurs fait une réponse “à la France Galop”.

Idée démagogique de turfiste : Et  si ce jour-là on distribuait à l’entrée, à chaque spectateur, en faisant preuve d’imagination une très belle carte postale-souvenir (à la gloire du cheval, de Longchamp, de l’Arc) qui porterait un numéro-loterie et un lot gagnant qui sort de l’ordinaire...

Côté tribunes, à Longchamp, un des meilleurs endroits pour voir les courses c’est un peu avant le premier poteau. Mais il va falloir rester debout toute la journée. On ne peut pas s’asseoir dans les quelques fauteuils encore présents: défoncés depuis belle lurette. Il en reste deux dans un état acceptable, on les laisse à une turfiste de 92 ans qui est une habituée et à un autre très vieux monsieur.  Comme on est très peu nombreux, on arrive à se connaître !  Des bancs ou des chaises métalliques comme sur d’autres hippodromes comme Vincennes serait trop demandé... France Galop s’en moque totalement, à l’inverse du Cheval Français qui prend soin de sa clientèle sur tous les plans. Demandez à un turfiste quelle est la différence entre le Cheval Français et France Galop ? Il vous répondra à peu près ceci : “Tous les deux font des conneries mais le Cheval Français rectifie le tir dans le bon sens et France Galop nous méprise...” Le Cheval Français a fait beaucoup de choses pour les turfistes et nous le reconnaissons bien volontiers. La carte VIP est une réussite totale, l’accès au salon courses est gratuit, les aménagements du petit hall sont bien conçus ainsi que la réfection des tribunes. Les bars sont accueillants même si demeure le problème important de qualité/prix où des solutions n’ont pas été trouvées.

Pourtant, il n’y a pas  beaucoup plus de monde à Vincennes en semaine  qu’à Longchamp... Car il faut évoquer maintenant la cause la plus dévastatrice pour la fréquentation des hippodromes, la programmation des courses à midi ! Dès le mois de mars, de nombreux turfistes nous ont demandé, sur l’hippodrome de Vincennes, de préparer une pétition contre ce nouvel horaire qui désorganise la vie familiale et ne permet plus aux turfistes de déjeuner. Alors ils jettent l’éponge et renoncent à se rendre aux courses, refusant de partir le ventre vide sur un hippodrome. Ils en éprouvent un sentiment d’incompréhension, de déception et de colère. Ce sujet revient continuellement dans les discussions.

Quand j’ai rapporté ces réactions à M. Bélinguier lors de notre dernière réunion, et remis en cause une mesure incohérente qui allait vider les hippodromes, à deux ou trois reprises il m’a dit “Je ne vous crois pas monsieur “. Grâce à FG on se sent parfois tricheurs; maintenant menteurs... Il a même utilisé un argument “à la France Galop” : “À la mise en place des stalles, et à l’abandon du départ aux élastiques, certains étaient contre et que maintenant tout le monde s’est habitué...”» Quel rapport avec la choucroute ?

Notons qu’un sondage a été fait sur cette question sur Equidia : ce fut un rejet massif contre  les courses à midi. Une dernière mesure qui s’ajoute aux autres... C’est l’effet boule de neige. Décourager un turfiste c’est prendre le risque de le perdre. Un hall désert, des tribunes vides, un manque d’ambiance ne donne pas envie de fréquenter un hippodrome, encore moins d’y revenir. Me revient l’exemple d’un couple qui venait systématiquement le samedi «On s’est trouvé d’autres sorties, d’autres activités ces jours-là”. Autre signe révélateur : avoir un guichet pour jouer, c’était une de nos revendications premières il y a quelques années. Maintenant on peut jouer au dernier moment, il n’y a plus la queue... À partir de la 5ème course, on peut même avoir un guichet pour soi...

Côté hippodromes, terminons tout de même par une note positive, Clairefontaine. A l’unanimité il n’y a que des louanges : mise en valeur du lieu, très bon accueil, animations, cadeaux, loterie, nombreuses entrées gratuites à découper dans un quotidien, etc... Ce qui donne envie d’y revenir, d’emmener des amis. Le renouvellement de la clientèle passe par là.

Concernant l’avenir des courses, on est donc en droit d’avoir des craintes.  Le PMU est obnubilé par ce que fait la Française des Jeux (ce qui n’a rien à voir avec le domaine hippique) et par sa course au chiffre d’affaires. À Quel prix ? Si on voulait résumer en quelques lignes, on dirait qu’entre les Institutions et les turfistes de terrain le divorce est consommé. Et pas par consentement mutuel. Le turfiste garde son droit de visite car il aime ses chevaux, ses courses, ses hippodromes, le monde hippique .Mais il l’exercera quand il le décidera et dans des conditions normales, prenant le statut de turfiste-intermittent. Pas sûr que cela soit bon pour les enjeux à long terme...

Communiqué de l'A.N.T.

10 novembre 2012

L’A.N.T COMMUNIQUE SUR LE QUINTE REPRIS SAMEDI A AUTEUIL

L’interruption tardive de l’épreuve du quinté d’Auteuil par les commissaires, alors qu’un cheval accidenté gisait sur la piste, révèle une fois de plus leur amateurisme alors que la multiplication des courses voulue par le PMU dans sa course effrénée au chiffre d’affaires nécessite un professionnalisme accru. L’Association Nationale des Turfistes réitère sa demande de la création d’un corps de commissaires assermentés indépendant qui puisse garantir le bon déroulement des épreuves hippiques ainsi que leur régularité et cela en toute transparence. Le fait d’avoir recouru l’épreuve confirme le mépris croissant dont sont victimes la majorité des turfistes,  qui n’ont pu ni annuler leurs jeux, ni rejouer sur une course de 6300 mètres imposée aux chevaux en deux étapes qui a pris une physionomie nouvelle. Voilà qui justifie la revendication de l’Association Nationale des Turfistes, refusée depuis quinze ans, d’être représentée au conseil d’administration du PMU et dans les instances hippiques du galop et du trot, afin que le turfiste soit considéré et non plus méprisé.

SCANDALE DANS L'ORNE : pollution au programme

L’affaire fait légitimement grand bruit dans l’Orne et dans le milieu du cheval. Dans la zone préservée (site officiellement protégé), du Haras national du Pin, on va implanter un centre d'enfouissement de déchets (notamment automobiles) ultimes (traduire non recyclable et dont on ne sait que faire...) sur la commune de Nonant le Pin. Pour en arriver là, il a fallu de curieuses circonstances et de curieux revirements de situations. Les faits: En 2006, la société Guy Dauphin environnement (GDE) compte implanter une surface de stockage annuelle de dizaines de milliers de tonnes de déchets non ménagers, comme des métaux provenant de voitures ou d'appareils électriques, sur la commune de Nonant-le-Pin, au coeur des terres d’élevage et à quelques encablures du Haras National. De nombreuses associations s’opposent alors au projet et suite à différente études commandées, le Préfet de l’Orne, Bertrand Maréchaux, publie le 13 janvier 2010 un arrêté de refus dont voici quelques extraits.”Considérant l’analyse insuffisante des effets des installations de ce type sur la santé ; Considérant les risques d’incendie ; Considérant qu’au moins les trois quarts des déchets proviendront d’autres départements, générant un trafic routier important sur le réseau secondaire, contraire aux conclusions du Grenelle de l'environnement ; Considérant les risques en terme de sécurité routière, la proximité de ces installations avec la voie ferrée et les risques de préjudice causés au trafic ferroviaire en raison des risques d’incendies ; Considérant l’atteinte directe et indirecte au patrimoine naturel, culturel et historique environnant et notamment au Haras du pin et aux projets de portée internationale qui doivent y être réalisés ; Considérant l’impact négatif sur la filière équine de ce type d’installation au coeur d’une région où le cheval représente une composante essentielle de l’activité avec ses enjeux économiques importants, etc, etc, etc...”

LE PREFET AVAIT DONNÉ UN AVIS DÉFAVORABLE : IL A ÉTÉ DÉPLACÉ
L’État, via son préfet, avait donc pris position. Mais ce dernier fut “déplacé” sur Paris quelques semaines plus tard, pour une “promotion”. Fut alors nommé à sa place Joël Bouchité, qui était jusqu’alors conseiller pour la sécurité intérieure à la Présidence de la République... “GD Environnement” ayant déposé un recours auprès du tribunal administratif, suite au refus initial, ce dernier lui a de façon surprenante donné raison et autorisé l’implantation, soutenu par le nouveau représentant de l’État, mais aussi par Alain Lambert, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et représentant des maires de l’Orne...  Mais également un soutien, lors de la campagne présidentielle, de François Bayrou... Il serait intéressant de savoir ce que penserait ce dernier si une telle implantation était prévue proche de ses terres d'élevage, en Béarn...
Finalement, en Normandie, les travaux de terrassement sont en cours, à la sortie de Nonant le Pin, en direction de Sées (voir photo prise cette semaine). De nombreux éleveurs se sont réunis récemment (parmi eux Jean-Pierre Dubois) à l’occasion d’un tournage d’Équidia. Signalons enfin, les hectares sur lesquels vont être implantés la décharge auraient été la propriété récente de Pierre Julienne, ancien propriétaire du haras des Cruchettes voisin, qu’il vient de céder au Quatar. Dans ce dossier, qui devrait faire du bruit, on est en droit de se demander si l’intérêt général a été le premier facteur de choix...

LE TROT MONTÉ VA DE L’AVANT

 

C’est le jour des oubliés. Ces champions trotteurs qui savent passer de l’attelage au trot monté, spécialité qui par le passé était marginale, réservée à des athlètes il est vrai un peu particuliers. Il fallait une allure spéciale, pas trop brillante, afin de ne pas trot s’épuiser. Il était aussi recommandé d’avoir une origine à forte empreinte de chevaux ayant réussi dans la discipline, afin d’avoir une aptitude génétique à cet exercice particulier qui a longtemps consisté à “porter l’homme”. Mais l’expression n’est plus vraiment d’actualité. Depuis l’avènement de la monte en avant, grâce au jockey belge Philippe Masschaele (et avant lui à Yves Dreux et à l’entraîneur Ali Hawas qui avaient tenté une esquisse de ce qui allait devenir une révolution), le trot monté ne consiste plus vraiment à “supporter” l’homme, lequel avait d’ailleurs l’air d’un pantin malmené par cette allure “tape-cul”. À tel point que ces courses visuellement ridicules étaient boudées par le grand public, à juste titre. Il n’intéressait en fait que les puristes qui voyait en lui la possibilité d’exploiter des trotteurs rustiques, solides, qui très souvent n’avaient pas la classe pour réussir à l’attelage. Il y eu bien sûr des exceptions, au plus haut niveau, dont le célèbre Bellino II. Mais il a fallu attendre l’avènement et la reconnaissance de la monte en avant pour que tout change. Au fil des années, les nouvelles générations de jockeys ont copié Philippe Masschaele et ont pris le pouvoir en allégeant considérablement leurs montures. Finit le rythme cadencé qui portait sur l’arrière-main et cassait le dos des équidés les moins robustes. Ce fut peu à peu la prise de pouvoir des avions de chasse, portés de l’avant au propre comme au figuré. Il y a toutefois un inconvénient majeur. Les spécialistes disparaissent peu à peu au profit des chevaux attelés qui, grâce à ces nouveaux cavaliers appelés “passagers clandestins” ne se rendent plus compte de la différence. Libres dans leurs allures, nullement handicapés par le poids, désormais porté sur leur centre de gravité et non plus au creux du dos, ils peuvent désormais presque tous s’illustrer dans les deux spécialités. C’est peut-être la raison pour laquelle il y a tant de débutants, dimanche, dans l’épreuve phare de l’année, le “Cornulier”. Ils peuvent désormais prétendre réussir là où c’était par le passé très difficile, sinon impossible sans expérience et sans mise au point particulière. Par conséquent, le trot monté a gagné en vitesse ; les chronos sont maintenant équivalents à ceux de l’attelage, chose impensable il y a quelques années. Allié à l’esthétique des jockeys modernes, les compétitions y sont plus spectaculaires et le trot monté représente maintenant une spécialité que les dirigeants pourraient mettre en avant. Timides, ils restent toutefois à un quinté annuel alors qu’ils pourraient profiter de l’avancée générale du niveau et des mentalités pour offrir ce spectacle magnifique en plus grand nombre. Cela viendra un jour mais combien d’années faudra-il attendre ? Gouverner c’est prévoir. Pour certains, ce n’est même pas constater... 
Évidemment, il faut prendre garde à ne pas gâcher ce progrès. La nouvelle monte, si elle offre de grands avantages, a aussi le revers de sa médaille. La vitesse a augmenté, par conséquent la casse également. Résultat des courses, les infirmeries sont pleines. Nombre de champions (Scipion du Goutier, Surabaya Jiel, Uppercut du Rib, Pinson, Picsou de Villabon, Quarla, pour ne citer qu’eux car la liste est longue) sont sur la touche. Mais en cette veille de “Cornulier” savourons tout de même le spectacle somptueux qui s’annonce avec le plein de partants. Regrettons toutefois l’absence des hongres (imaginez cette épreuve avec Quemeu d’Écublei, Roi du Lupin et Sourire de Voutré au départ...) et aussi l’absence de conditions restrictives pour participer (voir ci-contre). Cela aurait pu être parfait. 

LA spécialité, par le passé, était marginale, réservée à des athlètes il est vrai un peu particuliers. Il fallait une allure spéciale, pas trop brillante, afin de ne pas trop s’épuiser. Il était aussi recommandé d’avoir une origine à forte empreinte de chevaux ayant réussi dans la discipline, afin d’avoir une aptitude génétique à cet exercice particulier qui a longtemps consisté à “porter l’homme”. Mais l’expression n’est plus vraiment d’actualité. Depuis l’avènement de la monte en avant, grâce au jockey belge Philippe Masschaele (et, avant lui, à Yves Dreux et à l’entraîneur Ali Hawas qui avaient tenté une esquisse de ce qui allait devenir une révolution), le trot monté ne consiste plus vraiment à “supporter” l’homme, lequel avait d’ailleurs l’air d’un pantin malmené par cette allure “tape-cul”. À tel point que ces courses visuellement ridicules étaient boudées par le grand public, à juste titre. Il n’intéressait en fait que les puristes qui voyait en lui la possibilité d’exploiter des trotteurs rustiques, solides, qui très souvent n’avaient pas la classe pour réussir à l’attelage. Il y eu bien sûr des exceptions, au plus haut niveau, dont le célèbre Bellino II. Mais il a fallu attendre l’avènement et la reconnaissance de la monte en avant pour que tout change. Au fil des années, les nouvelles générations de jockeys ont copié Philippe Masschaele et ont pris le pouvoir en allégeant considérablement leurs montures. Finit le rythme cadencé qui portait sur l’arrière-main et cassait le dos des équidés les moins robustes. Ce fut peu à peu la prise de pouvoir des avions de chasse, portés de l’avant au propre comme au figuré. Il y a toutefois un inconvénient majeur. Les spécialistes disparaissent peu à peu au profit des chevaux attelés qui, grâce à ces nouveaux cavaliers appelés “passagers clandestins” ne se rendent plus compte de la différence. Libres dans leurs allures, nullement handicapés par le poids, désormais porté sur leur centre de gravité et non plus au creux du dos, ils peuvent désormais presque tous s’illustrer dans les deux spécialités. C’est peut-être la raison pour laquelle il y a tant de débutants, dimanche, dans l’épreuve phare de l’année, le “Cornulier”. Ils peuvent désormais prétendre réussir là où c’était par le passé très difficile, sinon impossible sans expérience et sans mise au point particulière. Par conséquent, le trot monté a gagné en vitesse ; les chronos sont maintenant équivalents à ceux de l’attelage, chose impensable il y a quelques années. Allié à l’esthétique des jockeys modernes, les compétitions y sont plus spectaculaires et le trot monté représente maintenant une spécialité que les dirigeants pourraient mettre en avant. Timides, ils restent toutefois à un quinté annuel alors qu’ils pourraient profiter de l’avancée générale du niveau et des mentalités pour offrir ce spectacle magnifique en plus grand nombre. Cela viendra un jour mais combien d’années faudra-il attendre ? Gouverner c’est prévoir. Pour certains, ce n’est même pas constater...

Évidemment, il faut prendre garde à ne pas gâcher ce progrès. La nouvelle monte, si elle offre de grands avantages, a aussi le revers de sa médaille. La vitesse a augmenté, par conséquent la casse également. Résultat des courses, les infirmeries sont pleines. Nombre de champions (Scipion du Goutier, Surabaya Jiel, Uppercut du Rib, Pinson, Picsou de Villabon, Quarla, pour ne citer qu’eux car la liste est longue) sont sur la touche. Mais en cette veille de “Cornulier” savourons tout de même le spectacle somptueux qui s’annonce avec le plein de partants. Regrettons toutefois l’absence des hongres (imaginez cette épreuve avec Quemeu d’Écublei, Roi du Lupin et Sourire de Voutré au départ...) et aussi l’absence de conditions restrictives pour participer (voir ci-contre). Cela aurait pu être parfait.

ANALYSE COMPLÈTE SUR LE PROBLÈME DU DEFERRAGE...

À la fin du meeting hivernal précédent à Vincennes, les dirigeants ont fait savoir qu’il allaient entamer une grande réflexion sur le déferrage. Depuis, les réactions se sont multipliées en coulisses, avec les partisans et les opposants. Une première loi en est sortie, avec l'interdiction de déferrer aux qualifications, puis, à partir de 2013, l'interdiction totale du déferrage pour les jeunes de 2 et 3 ans (lettres B et C à venir). C'est un progrès.

Mais revenons sur ce dossier important, sur lequel la SECF a raison de se pencher, pour diverses raisons. Tout d’abord, même si les incidents n’ont pas été nombreux, ils ne peuvent faire abstraction des quelques chevaux dont certains ont abusé ou abusent encore. Le cheval, on le sait, est un animal la plupart du temps extrêmement courageux. Il sait surmonter la douleur. Ainsi, les exemples de chevaux qui font des performances hallucinantes grâce au fait de courir pieds nus... mais qui rentrent aux écuries en marchant “sur des oeufs” ou parfois même en boitant, ont été constatés. C’est une très mauvaise image à véhiculer pour ceux qui aiment les courses mais aussi pour ceux susceptibles de les découvrir. Ce n’est pas ainsi que l’on va susciter des vocations de turfistes (qui signifie passionné de courses hippiques). C’est un premier élément et c’est le plus important, celui de l’intégrité physique du cheval et du respect qu’on lui doit. Même si certains rares entraîneurs s’en moquent.

LES VALEURS MIRACLES

Le deuxième élément concerne la hiérarchie, l’échelle des valeurs. Que constate-t-on ? Par la force des choses, la plupart des grands performers sont maintenant “DEF DES 4”, à l’exception de Ready Cash (déferré seulement des postérieurs, un exploit). Au début de l’histoire, seuls quelques-uns ont tenté cette gageure, avec parcimonie. Ulf Nordin fut l’un des premiers en France (années 80) et bon nombre de ses représentants se sont ainsi illustrés au niveau classique (Olaf de Brion, Courlis du Pont, Destin de Busset, Ipson de Mormal, Magnificent Rodney, entre autres...). Face à cette réussite, certains l’ont copié. Puis est arrivée l’ère de ceux qui ont encore amélioré la pratique en essayant de courir régulièrement pieds nus, un véritable défi à la nature sauf exception de chevaux aux pieds à la corne particulièrement dure. Qu’à cela ne tienne, quelques “faiseurs de miracles” ont trouvé le moyen de courir quasiment tout le temps ainsi... (fin des années 90). Ils ont alors largement dépassé le grand entraîneur suédois en gagnant de nombreuses courses, tout en réalisant des “survaleurs” qui dépassaient parfois l’entendement. Quand le phénomène s’est propagé, sans que les parieurs en soient informés (la déclaration obligatoire fut un long combat), un haut dirigeant nous a même déclaré alors : “Je pense en fait que le déferrage masque un problème de dopage...”.

Toujours est-il que ces faiseurs de miracles sont peu à peu, plus ou moins temporairement, rentrés dans le rang après quelques saisons stupéfiantes. Peut-être aussi en raison de la concurrence de leurs confrères, agacés de se faire régulièrement pulvériser par des chevaux pieds nus. Nous en connaissons un certain nombre qui ont cédé à la pratique pour simplement être à armes égales ; il en allait de la survie de leur entreprise...

En quelques saisons nous en sommes arrivés à un constat à mes yeux désastreux : plus une course de haut niveau sans que la quasi totalité des chevaux ne soient déferrés des 4. Y compris dès leur début de carrière (voir le Critérium des Jeunes récemment). Et en règle général, les chevaux qui parviennent à gagner ferrés deviennent des exceptions à Vincennes. En quelques années, la tendance s’est donc renversée, hélas très probablement au détriment des chevaux et des parieurs. Des équidés pour les raisons explicitées plus haut. Des parieurs car voir régulièrement les belles chances se faire “exploser” par des seconds couteaux pieds nus a fait de considérables dégâts dans les rangs des parieurs. Si quelques exceptions ont réussi à monter de l’argent en jouant systématiquement les déferrés, notamment à une époque où l’information était camouflée, nombre de turfistes ont déserté les champs de courses et les guichets, fatigués de résultats parfois déconcertants, pour le moins ! L’échelle des valeurs est donc perturbée par le déferrage. Comme l’a écrit la référence journalistique du trot, Jacques Pauc : “Le fait de déferrer un cheval le fait paraître souvent meilleur qu’il ne l’est en réalité...”.

Et de citer des exemples comme Malakite (Prix de Cornulier) ou Dryade des Bois (Prix d’Amérique), transformées par le fait de courir pieds nus comme quelques autres à une époque où tous ne l’étaient pas... S’il en est quelques-uns qui nient encore l’effet améliorateur du déferrage, Jacques Pauc cite aussi, plus près de nous, One du Rib, Oyonnax, Private Love, Rolling d’Héripré, Saxo de Vandel, Sun Céravin. Une liste loin d’être exhaustive et dont je ferais aussi modestement remarquer qu’elle va souvent de paire avec les ennuis de santé. Nombre de ces chevaux ont fait des survaleurs peut-être au détriment de leur intégrité physique, ayant dû être éloignés de la compétition comme les derniers cités, déferrés dès leur plus jeune âge.

Comment nier, dès lors, le fait que la “casse” est souvent proportionnelle aux kilomètres parcourus pieds nus sur des physiques pas encore adultes ?

Il est enfin une autre notion qui se doit d’inquiéter les dirigeants de la “Société d’Encouragement au Cheval Français”. L’encourager, c’est aussi protéger une hiérarchie des valeurs non tronquées pour l’élevage, donc pour l’avenir. Mais comme désormais les exclusions sont draconiennes côté poulinières, via les records en compétition, ne favorisent-on pas ainsi des trotteuses améliorées artificiellement ? Et côté étalons, ne met-on pas en avant, grâces à ces “survaleurs” et à ces chronos quasiment virtuels, des reproducteurs qui n’améliorent pas la race ? Avec le recul, on s’aperçoit que les réalisateurs pieds nus sont jusqu’ présents de piètres reproducteurs. Il semble donc qu’une réforme du déferrage s’impose, pour les chevaux, pour les turfistes, pour les joueurs et pour la bonne tenue de l’élevage. Et terminons provisoirement par une dernière réflexion sur le sujet : en supposant que le déferrage vienne à être interdit, et que tous les entraîneurs soient donc à égalité, qui cela peut-il gêner ?

 

Notre confrère Jacques Pauc a un avis tranché, et étayé :

“Ni Coktail Jet, ni Viking’s Way, ni Sancho Pança, ni Goetmals Wood n’ont fait leurs grandes valeurs pieds nus. Pas davantage que Varenne, le plus grand champion des dernières année, devenu un bon étalon lui aussi. Les meilleurs étalons du passé en témoignent également, comme Kerjacques, le plus grand de tous, qui avait de mauvais pieds. Ces cracks avaient aussi des entraîneurs qui les respectaient et étaient conscients que déferrer à répétition fait mal et peut provoquer des problèmes articulaires, voire des lésions. On remarquera aussi que Jean-Pierre Dubois ne déferre quasiment jamais ses chevaux des quatre pieds et que Howard Beissinger, l’un des plus grands entraîneurs américains (Speedy Crown et Speedy Somolli devenus chefs de race dans le Monde) avait déclaré : Je ne conçois pas de déferrer mes chevaux, je les respecte et je veux qu’ils aient les pieds protégés, au moins avec une ferrure légère. Et à ceux qui veulent faire croire que le déferrage révèleraient les vrais trotteurs naturels, comme à l’herbage, signalons que Roquépine et Ourasi (sept Prix d’Amérique à eux deux) devaient être mauvais car ils avaient besoin de courir ferrés, notamment pour avoir du poids et être bien équilibrés.”