Patrick LANABÈRE - Responsable éditorialiste du site


 

Titulaire de la carte de presse depuis 1988. LIBRE ET INDÉPENDANT

 

ACTUALITE


  • Journaliste, pronostiqueur, responsable de l’équipe de journalistes-reporters de Vérité Courses (Depuis 2008)
  • Editorialiste et chroniqueur au quotidien hippique "Le Veinard" (Depuis 2005)
  • Conseiller-consultant de l'Association Nationale des Turfistes -ANT- (Depuis 2001)

 

 

ITINÉRAIRE

 

  • Ex Membre du bureau de l’Union Professionnelle des Journalistes Hippiques, délégué auprès de la Société du Cheval Français (1992/2010)
  • Consultant "Trot " de l’émission Tiercé N°1 
    sur Europe 1 avec José Covés (2009/2011)
  • Journaliste au quotidien sportif  "Aujourd’hui Sport" (2010)
  • Journaliste Editorialiste, Secrétaire Général de Rédaction
    du quotidien Paris-Turf. (1999/2005)
  • Responsable des services audiotel de Paris-Turf et
    de l’Agence Turf International Press -T.I.P- (1995/1999)
  • Journaliste hippique du quotidien France-Antilles (1990/1998
    Journaliste hippique au quotidien l'Humanité (2000/2010)
  • Commentateur de courses sur hippodromes (1986/1990)

 

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« Scandales à l’hippodrome » - Spécial Investigation - Canal+ -  2015 

« Scandales à l’hippodrome », reportage de Caroline Benarrosh pour Spécial Investigation.

Diffusion le 08 juin 2015 sur Canal+

 

Pourquoi ne pas accepter l'ouverture d'un grand débat ?

Par Patrick Lanabère

 

Au printemps 2013, j’avais participé à un documentaire intitulé : “Foot, Chevaux, Poker, paris sous influence”. Concernant la partie courses hippiques, nous avions espéré que, suite à certaines révélations (notamment de nombreux conflits d’intérêts), les choses pourraient changer et que la transparence, totalement absente de la politique des courses, pourrait enfin trouver une petite place... Il n’en a rien été.

 

Comme il fallait le craindre, suite à ce sujet d’une quinzaine de minutes où avaient été révélées quelques outrances, les dirigeants, plutôt que de se remettre en question et de tenter de corriger certains défauts du système - on ne leur demande pas une révolution d’un jour à l’autre tant le chantier est immense ! – avaient, à l’inverse cultivé, le déni, pratiquant la politique de l’autruche dans un premier temps, puis, il y a quelques mois (soit très longtemps après la diffusion...), qualifié de “mensonges” les révélations ou constatations faites alors, via le Directeur Technique du Cheval Français, avec le soutien d’un “journaliste”...

 

Mais si, comme cela a été évoqué par ce membre important de la société “Le Trot”, ces constatations étaient fausses (définition du mensonge), qu’est-ce qui empêchait d’agir officiellement après la diffusion, plutôt que d’attendre une année et demi pour revenir sur ce sujet, en catimini, dans un article de presse que l’on pourrait qualifier de promotionnel ? Résultat des courses, rien n’a changé...

 

LA MORT PLUTÔT QUE LA RÉFORME ?

 

Plutôt que d’essayer de comprendre que les passionnés, journalistes ou turfistes -ce qui a de bien plus graves conséquences- veulent l’amélioration d’un système dirigé selon des méthodes d’un autre siècle et qui a largement montré ses limites, les autorités en place préfèrent continuer de pratiquer la méthode Coué... “Tout va bien...”, c’est la pensée unique.

 

Comment s’étonner dès lors que le public turfiste se désintéresse chaque jour davantage de ce milieu où l’omerta est de rigueur ? Ou qu’après cette “mise de la poussière sous le tapis”, une autre journaliste d’investigation se soit de nouveau intéressée au sujet, avec cette fois non plus un tiers d’un 52 minutes, comme au printemps 2013, mais dans le cadre d’une émission toute entière de la remarquable série “Spécial Investigation” de Canal+.

 

Une nouvelle fois, après ce documentaire qui témoigne de réalités, la balle est dans le camp des dirigeants des courses. Leur attitude sera-t-elle une nouvelle fois le déni, ou bien en profiteront-ils pour réformer ce milieu qui en a tant besoin, avant qu’il ne soit trop tard...

  

LA RÉALISATRICE DU DOCUMENTAIRE : “Le monde des courses est un univers très fermé, qui n'aime pas que l'on cherche à découvrir ses petits secrets... »

 

Caroline Benarrosch, au début de votre enquête, dans un milieu que vous ne connaissiez pas, quels sont les premiers sentiments que vous avez ressentis ?

 

Il est assez compliqué de débarquer dans ce petit milieu qui n'a pas forcément l'habitude d'ouvrir ses portes et encore moins à des journalistes d'investigation. J'ai heureusement rencontré quelques personnes qui ont accepté de me décoder cet univers que je ne connaissais pas. Par la suite, j'ai recueilli des témoignages de personnes qui souhaitaient dénoncer des pratiques qu'ils jugeaient délictueuses mais ils ont pour certains longuement hésité avant d'accepter d'apparaître dans le documentaire, de peur de ne plus pouvoir exercer dans ce milieu. La commissaire divisionnaire du service des courses de la police judiciaire a elle-même reconnu qu'elle rencontrait de grandes difficultés à collecter de l'information dans ce monde des courses. Personne n'a intérêt à parler et celui qui parle risque de se voir mis au banc. Je me suis donc dit que j'avais mis les pieds dans un monde particulièrement opaque et fermé.

 

Vous avez été en contact avec quasiment toutes les branches qui jouent un rôle dans le milieu, quelle est votre conclusion de ce monde marginal ?

 

C'est un monde de passion avant tout. J'y ai rencontré des entraîneurs, des jockeys, des parieurs qui, s'ils ont accepté de me faire part de leurs doutes, veulent avant tout améliorer les conditions dans lesquelles les courses se déroulent. Ils sont de véritables amoureux des courses qui ne s'économisent pas pour vivre leur rêve.

C'est donc un monde assez fascinant car c'est monde en soi. J'ai d'ailleurs été surprise de découvrir que cet univers des courses est soumis à peu de contrôles extérieurs. Les dirigeants des courses décident de tout, contrôlent la lutte anti dopage, cooptent leurs proches, "pour mieux conserver leur pré-carré" selon certains. J'ai été étonnée de découvrir que finalement, les ministères de tutelle sont assez absents, même s'ils semblent vouloir s'impliquer d'avantage depuis la baisse des enjeux.

 

Ce milieu vous semble-t-il, par exemple, capable de rattraper les retards accumulés en termes d'opacité et d'image auprès du grand public ?

 

Je ne suis pas une spécialiste en communication. Il me semble tout de même que leurs campagnes ne remportent pas franchement l'adhésion d'un nouveau public puisque la population des parieurs est vieillissante et ne se renouvelle que trop peu.

 

Après plusieurs semaines d'enquête, vous qui êtes journaliste, que ressentez-vous du rôle de la presse dans ce milieu ? Dans l'ensemble, joue-t-elle son rôle ou sert-elle essentiellement à faire de la "com" ?

 

Des mois d'enquête même! Quand j'ai démarré, j'ai été surprise de ne pas trouver beaucoup de matière ; de livres, d'articles de presse, de reportages sur le monde des courses. Du coup, je me suis demandée pourquoi peu de journalistes enquêtaient sur ce milieu.

Après quelques interviews, j'ai compris qu'il faudrait avant tout que les journalistes hippiques puissent travailler librement. Car si les acteurs des courses n'osent pas exprimer leur colère face à certaines situations ou manquements, il en est de même pour les journalistes hippiques qui, pour un très grand nombre d'après les propos que j'ai recueilli, travaillent sous le contrôle des sociétés mères ou du PMU. Des sociétés mères qui n'hésiteraient pas à se plaindre auprès des rédactions si un article leur déplaît, menaceraient de supprimer des encarts publicitaires voire, imposeraient avant même la publication, leur vue. Une lourde pression s'exerce donc sur les journalistes dans ce milieu. J'ai moi-même été confrontée à cette pression. Un exemple : pour avoir osé parler d'une course faussée, à Mons (NDLR : afin de démontrer que toutes les garanties n’étaient peut-être pas offertes aux parieurs), j'ai reçu un e-mail de menace. Son auteur me promettait de "tout mettre en œuvre pour détruire mon reportage et mon image". Tout un programme!

Pourtant, il existe une Union de la Presse Hippique, censée défendre les journalistes spécialisés. D'après mes contacts, cette Union de la Presse Hippique ne sert pas à grand-chose... En tous les cas, elle ne fait pas progresser la liberté de la presse hippique! Comme me l'a raconté un journaliste : "Dans le monde des courses, il fait toujours beau, le terrain est toujours bon-souple et la journée s'annonce formidable!". Tout est dit...

 

"Foot, chevaux, poker, des paris sous influence" - Spécial Investigation - Canal+, 2013 

"Foot, chevaux, poker, des paris sous influence", documentaire de la rédaction de Spécial Investigation - Diffusion en 2013 sur Canal+ 

Patrick Lanabère est l'un des témoins intervenant dans le reportage sur les courses hippiques.


Cliquer ici pour lire notre article (rubrique Points de Vue)

Pour visionner l'émission en différé sur le site Canal+, tapez dans votre moteur de recherche :
special investigation canal foot chevaux

"On refait les courses" - RTL - 2013

On en parle sur RTL dans l'émission "On refait les courses" du 09 février 2013. Les journalistes B. Glass et D. Cordier exposent les faits du scandale de la courses truquée belge et évoquent un article de Patrick Lanabère.

Accès à la rediffusion sur le site web de RTL : cliquer sur la photo RTL ci-dessus et écouter l'émission à partir de la 12ème minute.

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