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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

CANAL+ : RÉVÉLATIONS AUTOUR DU JEU DANS LES MILIEUX SPORTIFS ET HIPPIQUES

20 mai 2013

“SPECIAL INVESTIGATION” : ENQUÊTE SUR LES “PARIS” SOUS INFLUENCE...

Lundi 13 mai, sur Canal+. Diffusion d'une enquête sur le monde des jeux d'argent en France dans le cadre de l'une des émissions vedettes de la chaîne "SPECIAL INVESTIGATION". Son titre, "Football, Poker, Chevaux, des paris sous influence" donne le ton. Cécile Allegra enquête sur les milieux de jeux d'argent avec comme thème principaux le foot et les courses hippiques...

Vous pouvez retrouver le différé de cette émission sur le site CANAL+ en tapant 

special investigation canal foot chevaux

sur moteur de recherche (google)


 Côté football, des révélations incroyables : 680 matchs potentiellement truqués, 425 joueurs, arbitres et mafieux impliqués, c'est le triste résultat d'une enquête menée par Europol et révélée le 4 février dernier. Avec cette révélation et les suspicions qui avaient éclaboussées le handball, le grand public a découvert l'un des maux qui ronge le sport et les jeux d'argent : les possibilités de tricherie. Bien au-delà de l'affaire des handballeurs français, résultat de l'ignorance des fédérations sportives autour des paris et du manque d'information auprès des joueurs, l'enquête de Canal+ démontre que le football, sport numéro 1 sur la planète, est l'objet de la convoitise et de l'argent facile d'un système mafieux qui a mené les journalistes en Italie, où la justice tente de faire le ménage, et jusqu'à Singapour où se trouvent les plus gros corrupteurs qui s'attaquent à tous les sports qui servent de supports à des paris... Vous y verrez aussi comment la France semble larguée sur le sujet, à l'image de l'Arjel (Autorité des jeux en ligne) impuissante jusqu'à présent, au désespoir de son directeur qui s'étonne du classement sans suite de certaines enquêtes sur des compétitions douteuses au sein du football français. Implicitement, on y comprend que les autorités françaises, et en tout premier lieu l'État, dont certains ministères sont autorités de tutelle des jeux en France, n'a rien vu venir et combien il est urgent de réformer afin de ne pas laisser le ver dans le fruit. Il en va de la crédibilité du sport en général, du football en particulier.

 

PETITS ARRANGEMENTS ENTRE “AMIS”, CONFLITS D’INTÉRÊTS

 

Si un système mafieux a profité et profite peut-être encore des paris sportifs pour blanchir mais aussi pour gagner de l’argent facile, qu’en est-il aux courses ? Rien ne prouve que les mêmes trucages n’y sont pas organisés puisque jamais aucune enquête n’a été ouverte sur les quelques arrivées suspectes de courses PMU. La course arrangée en janvier dernier à Mons, en Belgique, co-organisée par France-Galop, en ait l’illustration parfaite, la France s’étant contentée de la sanction belge infligée à la cavalière coupable d’avoir empêché son cheval de gagner, sans se poser la question de savoir pourquoi elle avait agi ainsi. Un peu comme si lors d’une exécution de contrat criminel, la police se contentait de punir les exécutants sans chercher à savoir qui sont les commanditaires. Mais quand on voit que même les simples “tours” ne sont pas sanctionnés en France, on peut craindre le pire. Et ce n’est pas le cas “Texas Charm”, qui a servi de lampiste l’an dernier, qui fera oublier les comportements indignes de certains, inconscients de l’effet dévastateur sur les parieurs.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que le problème, c’est le journaliste qui dénonce le problème !

Dans ce numéro de “Spécial Investigation” l'émission met en évidence les nombreux conflits d'intérêts qui interpellent. On le sait, les courses sont dirigés par des socioprofessionnels (éleveurs, entraîneurs...) qui sont donc partie prenante aux résultats. Dans la présentation officielle (communiqué de presse) de l'émission on évoque "Les organisateurs des réunions -dirigeants de sociétés de courses- qui sont souvent propriétaires des chevaux qui courent dans leurs propres compétitions et sont très liés avec les arbitres qui surveillent les épreuves...". Une émission sans concession dans laquelle votre serviteur a témoigné d'une "évidence" jusque-là tenue sous silence par l'ensemble des médias, peut-être un peu trop soumis au volume des budgets publicitaires des organisateurs, quand ils ne sont pas leur "pravda officielle" comme le groupe Gény courses, appartenant aux institutions, un cas sans précédent en France que le Conseil de la Concurrence a laissé se mettre en place au plus grand étonnement des défenseurs d'une presse libre et indépendante. Et puis il y aussi les "ignorants" de la réalité. Les médias généralistes qui s'emparent de faits divers qui ne sont que des leurres (affaires Porzier, Jean-Philippe Dubois...) savamment orchestrés par des organisateurs juges et parties qui font ainsi semblant de laver plus blanc mais en fait protègent leurs intérêts en sacrifiant quelques personnalités dérangeantes. L'émission s'interroge ainsi sur certains conflits d'intérêts entre ceux qui sont les "patrons" des courses (Présidents de sociétés de courses et Comités directeurs) et ceux qui sont en charge de les surveiller. Les uns ayant mis en place les autres qui leur sont par conséquent redevables de situations privilégiées. Car qui peut croire que des juges ou commissaires parisiens, indemnisés en "vacations" et "remboursements de frais" sont des bénévoles au sens noble du terme ? Cela se traduit en fait par des compensations financières généreuses dont bénéficient notamment d'anciens professionnels qui ont cessé leur activité faute de résultats et se voient ainsi sauver des eaux. Voilà ce que sont en fait certains "arbitres" des courses, qui n'ont donc rien à voir avec les arbitres d'autres sports, rétribués beaucoup moins car n'officiant pas tous les jours. De plus, les arbitres du football sont classés par fédérations régionales et donc indépendants  de ceux qu'ils jugent. Par exemple, jamais un arbitre de football de la ligue Nord n'arbitre un match Lille-Marseille. Ou un arbitre de ligue sud un match Nice-Bordeaux. À quand par conséquent des autorités de courses qui fonctionneront comme les fédérations sportives, avec un minimum d'indépendance afin que, par exemple, des turfistes dupés comme le fut José Dominici (affaire "L'Ami d'un Soir" évoquée dans nos colonnes par le passé et qui sera mis en lumière dans  le documentaire de lundi soir), ne soient plus considérés comme des victimes potentielles.

 

AUTORITÉS HIPPIQUES : POUVOIR INFLUENT, DÉMOCRATIE ABSENTE...

 

Côté courses, nous avons cru à une réforme possible de ce système archaïque, il y a quelques mois, lorsque François Fillon, alors Premier Ministre, avait nommé Daniel Augereau pour faire un état des lieux des courses hippiques. Une mission importante que l'intéressé a mené de manière aussi neutre qu'efficace et qui a maintes fois témoigné, notamment dans nos colonnes, de la manière dont les deux sociétés mères (Trot et galop) via leurs présidents respectifs, sont intervenus en très haut lieu pour l'écarter et faire nommer à sa place un des leurs, membre lui-même d'un des deux Comités directeurs... Daniel Augereau témoigne aussi de ce trafic d'influence dans ce "Spécial Investigation" au micro de la réalisatrice Cécile Allegra qui précise : "Daniel Augereau avait été mis en place pour faire des propositions et moraliser la filière hippique mais il a été ostracisé et le rapport est tombé dans les oubliettes...".

 

Voilà bien des raisons de ne pas manquer la diffusion de ce "Spécial Investigation" lundi sur Canal+, à 22h45... Un documentaire qui devrait donc contribuer à dépoussiérer un milieu dont on se rend vite compte qu'il est entre les mains de quelques-uns. Dès lors souhaitons que l'État profite de ces révélations pour reprendre la main et ait la volonté de mettre fin à ce qui ressemble à des abus de pouvoir. Et par conséquent s'attaquer à toutes les zones d'ombre du milieu des courses, comme le dopage, les courses hippiques n'étant là encore pas soumises aux règles des autres. Ainsi, l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) et son laboratoire d'État contrôle toutes les disciplines sportives en France... sauf les courses, elles surveillées par un laboratoire appartenant... aux sociétés de courses. Un autre sujet qui témoigne de la forteresse élevée par les dirigeants pour protéger leur pré carré. Mais le dopage est un autre sujet qui sera traité ultérieurement. Dans un premier temps, souhaitons que ce reportage sur les conflits d'intérêts soit suffisant pour que les courses lavent devant leur porte, ou que les autorités de tutelle (Ministères de l'intérieur et de l'agriculture) interviennent enfin dans un secteur opaque où quelques-uns, très (trop) influents tiennent toutes les rênes au détriment du plus grand nombre... Des ministères finalement complices jusqu'à présent selon la théorie du "Qui ne dit mot consent".

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