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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

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Les ministres valident le projet du “nouveau” Longchamp

01 octobre 2015

[19/09/2015]. Ils ne “veulent” ou ne “peuvent” entendre la vérité ? QUE FAUT-IL FAIRE ?

Tout le monde, dans le milieu des courses se pose la question ? Côté sportif, cela ne va pas trop mal même si certaines règles aberrantes ont fait pour certaines et font encore pour d’autres, des dégâts dans les rangs parieurs. Au point que ce que nous annonçons depuis des mois est maintenant une réalité : les enjeux s’effondrent et il ne suffira plus de “petites réformes” pour inverser la tendance. Nous y reviendrons avec des propositions concrètes.

En attendant, les chevaux et les hommes continuent d’assurer le spectacle, et quel spectacle ! Les galopeurs nous ont envahis de bonheur et d’émotion dimanche dernier avec les “préparatoires” à l’Arc... NEW BAY, le 3 ans français le plus doué, a confirmé les formidables impressions laissées. Sur 1.600 mètres (2è) dans la Poule d’Essai en refaisant le champ de course ; sur 2.100 mètres dans le Jockey-Club en surclassant ses adversaires, et dimanche sur 2.400 en se baladant dans le “Niel”, il est vrai sans opposition à sa hauteur, le prometteur ERUPT n’allant pas un mètre dans le “lourd”. Et puis il y a TRÊVE, qui n’a pas de qualificatifs à sa hauteur tant elle impressionne ! Pourtant, l’heure est au pessimisme après l’annonce de la validation de Longchamp par les ministères de tutelles, qui ont donc choisi de croire les sirènes aux promesses intenables, plutôt que l’analyse lucide de certains  observateurs ou acteurs. Parmi ces derniers, voici ce que l’Association des Entraîneurs Propriétaires, dont le Président est Mathieu Boutin, a initié cette année. Ils doivent être bien découragés mais n’ont perdu qu’une bataille...

Ainsi, l’Association des Entraîneurs Propriétaires a pris ses responsabilités depuis quelques mois. Que ce soit en sur la forme (on se souvient qu’ils étaient à l’origine de la manifestation pacifique pour retarder un Quinté (“Les entraîneurs en colère”), soutenu par le Mouvement des Parieurs (autre association avec l’A.N.Turfistes). Sur le fond également, avec différents communiqués responsables, faisant souvent état de la triste réalité des choses. Ils ont également essayé d’alerter les tutelles, à commencer par le ministère de l’Agriculture, étant comme socioprofessionnels directement concernés... Au printemps dernier, ils ont rencontré puis   envoyé un dossier-courrier à Monsieur Pierre SCHWARTZ, du département du Développement Rural et du Cheval.

 

En ouverture, ils faisaient un résumé de “la situation” les concernant : “ La crise subie par les entraîneurs de galop de Lamorlaye et par extension de toute la France se produit de concert avec un problème de gouvernance majeure dans l'institution France Galop. La mandature actuelle, responsable en grande partie de cette crise, utilise tous les éléments des statuts de France Galop pour permettre la réélection du président actuel et cherche à imposer, par décret, une modification du code électoral visant d’une part à augmenter le nombre de cooptés ou pouvant être considérés comme tel (Présidents de Société de Courses et Présidents de Conseil Régionaux) et d’autre part à réduire la place des entraîneurs, qui sont les principaux acteurs du système, déjà sous représentés dans les instances. Les quelques semaines qui viennent seront cruciales pour la survie de l’activité des courses en France.” I

 

Ils abordaient donc, parmi les sujets sensibles, la manière dont vont être organisées les élections de France-Galop... Depuis, Bertrand Bélinguier a décidé -contraint semble-t-il par un aspect juridique des statuts- de ne pas se représenter...). Et l’État n’a rien trouvé à redire sur la cooptation.

 

Dans leur paragraphe 4 de ce dossier “Modifier le fonctionnement de France Galop” ils adoptaient des positions claires dont voici quelques extraits :

- Plus de transparence et moins de conflits d’intérêt dans les instances

- Des Commissaires indépendants: Ils ne devraient pas pouvoir être membres ni du Comité ni du Conseil d’Administration. Ils ne devraient pas être Président d’une société de course ou d’un Comité régional. Ils devraient déclarer chaque année les intérêts en nom propre et en partenariat.

- Les cooptés : Réduction de leur nombre au comité de 25 à 10, soit  20% au lieu de 50%. Limitation du nombre de mandats à 3.

- Les socioprofessionnels : Leur donner une place plus importante dans les instances et en particulier au Conseil d’Administration (2/3 des sièges).

- Limiter à 3 les mandats des Membres du Comité quel que soit leur statut.

- Transparence dans les flux financiers

- Clarté dans le versement des subventions aux régions et aux sociétés de courses, dans la gestion des centres d’entraînement, des hippodromes et dans l’attribution des marchés sur les différents travaux.

- Plus de transparence dans les comptes de France Galop

- Eviter les conflits d’intérêt à la direction de France Galop

- Les intérêts du Qatar ne doivent pas interférer dans les décisions de France galop.

- Les Directeurs ne devraient pas être Présidents d’organismes liés aux courses : AFASEC, GTHP, etc…

 

Puis dans un autre paragraphe, leur avis concernant le projet (validé par les ministres à la surprise générale il y a quelques jours...) le “Nouveau Longchamp” dont ils demandaient la suspension dans sa forme actuelle :

- Le projet doit être revu dans sa globalité afin de répondre aux besoins et attentes du public et des professionnels.

- Il est économiquement surdimensionné (150 Millions minimum) dans un contexte de crise et de déficit prévisionnel de plus de 40 Millions pour 2015.               

- Il limitera la capacité d’accueil le week-end de l’Arc de Triomphe par rapport à la structure actuelle et obligera à ajouter des tribunes mobiles inconfortables.

- Il doit être financé uniquement par France Galop pour ne pas risquer une perte d’indépendance.

Pour ces raisons, une rénovation de qualité serait la solution la plus judicieuse à envisager. Elle a donné pleinement satisfaction sur les hippodromes de Chantilly et Lyon la Soie.

 

Un avis pertinent que nous partageons et que les “tutelles” ne peuvent plus feindre d’ignorer...

 

D’autant que sur “Longchamp”, l’A.E.P en envoyé récemment un courrier à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et Christian Eckhert, au budget dont certains extraits montrent également l’impasse qui se profile : “Nous tenons à vous rappeler que le financement prévu du projet soit par fonds propres soit par emprunt n’est possible qu’à la condition d’utiliser toutes les réserves de France Galop (note 12 du rapport d’activité) compte tenu des déficits prévus pour les années 2015 et 2016 (100Millions environ) et de l’engagement hors bilan concernant le régime des retraites supplémentaires. Cela rendra donc impossible de réaliser d’autres investissements pour relancer notre activité tel le projet de marketing commun Trot-Galop-PMU. Mais pis, la mise en œuvre de ce projet engloutira la réserve pour allocations de 48 millions prévue pour maintenir les encouragements qui de ce fait ne pourront que diminuer en cas de déficit supérieur aux prévisions ou de dérives du coût du projet Longchamp. Cela fragilisera encore plus de nombreuses entreprises liées au monde agricole et forts employeurs de main d’œuvre. Nous tenons à vous rappeler que les 3 Associations représentatives de Propriétaires (Syndicat des Propriétaires, Les P.P., l’A.E.P.) se sont de façon unanimes opposées à la mise en chantier de ce projet tel que présenté actuellement.

 

Malgré ces arguments et le fait que des élections auront lieu dans quelques semaines (comment engager de telles réformes dans ces conditions ?) l’État a donc validé, préférant écouter les promesses irréalistes de dirigeants qui ont amené les courses dans une impasse, plutôt que d’écouter des voix réalistes. Les promesses plutôt que la réalité des faits ?

Curieux. À moins que d’autres considérations “politiques” aient joué un rôle, comme la mainmise du Qatar sur les courses de galop qu’il sponsorise grandement...

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