Bibliothèque

Pour découvrir une sélection de nos

POINTS DE VUE publiés les années précédentes, cliquer sur une période.  

Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

L’heure du bilan aurait-elle sonnée ?

03 décembre 2014

Nous voici entrés dans le dernier mois d'une année 2014 qui s'annonçait catastrophique pour les courses, contrairement à ce que voulaient croire les amateurs de miracle, ou ceux qui avalent comme des couleuvres les présentations ou espérances tronquées des dirigeants de l'institution. On peut donc commencer à tirer un bilan mais une page, que dis-je, un journal entier n'y suffirait pas… On va donc procéder en plusieurs étapes… En commençant par la conclusion d’un  constat : certains dirigeants aiment davantage le pouvoir que les courses. Ils semblent simplement y avoir trouvé un pré carré dans lequel le statut associatif leur permet de régner ; ils ne laissent le pouvoir qu’à ceux qui peuvent l’acheter ou le consolider. 

Le monde du galop est à ce titre édifiant, ayant par exemple cédé les courses françaises au Qatar. Cherchez des investisseurs c’est bien, mais leur laisser les clés c’est autre chose...

Au trot, le système est différent, mais le résultat hélas identique. Là aussi la politique des courses y est établie pour les grands élevages, les grands capitaines, et les amis du pouvoir. Les petits entraîneurs eux, vont rester sur le carreau.

 

Ces derniers vont-ils se regarder mourir sans réagir ? C'est la question. À voir leur passivité sur l'affaire Gény-Infos (qui serait revendu), qui aurait coûté près de 40 millions de déficit à la filière courses en quatre ans, difficile d'imaginer une réaction. Même si, côté galopeurs, certains professionnels commencent à prendre conscience du degré catastrophique de la situation. Il faut dire qu'avec à leur tête Bertrand Bélinguier, ancien Président du PMU, qui a orienté les institutions sur la mauvaise voie avant de poursuivre son œuvre destructrice à France-Galop, il est même hallucinant que la réaction soit si tardive. Toujours est-il que l'association des entraîneurs-propriétaires, face à l'attitude souveraine de leur Président - qui veut notamment changer la donne pour les futures élections afin d'avoir une chance de garder le pouvoir- ont appelé à faire partager leur mécontentement le 12 décembre prochain à Deauville.

 

Il est vrai que la politique France-Galop est assez hallucinante. Outre le projet pharaonique du nouveau Longchamp, on a assisté ces dernières années à une accumulation de décisions catastrophiques. Avec, entre-autres, la multiplication des réunions PMU dans le Sud-Ouest, où les lots faméliques ne permettent pas de faire la recette… Ou encore en imposant un calendrier qui a posé nombre de questions (jours fériés sans courses à Paris par exemple). Ou encore, comme le faisait remarquer un entraîneur sur le site "cercle-tourbillon.com" le fait que depuis le 25 novembre (date de la dernière réunion cantilienne) il n'y aura plus de course, ni à Chantilly, ni en région parisienne, avant plusieurs semaines… Quand on veut mettre en place un programme annuel pour la diversité et l'attrait des courses, on fait preuve de davantage de cohérence. Idem dans la politique du PMU. Comment peut-on, par exemple, continuer de mettre en avant le "spot" et la tirelire  y compris le jour de l'Arc de Triomphe ? Qui peut encore croire qu’en continuant à rivaliser avec la FDJ, bien plus forte que quiconque pour les jeux de hasard, on puisse tenir ? C’est un suicide. Si le PMU ne veut pas comprendre, et les sociétés avec lui (GIE) que les courses ne pourront pas survivre sans ceux qui jouent en réfléchissant (90% des enjeux en 2000, encore largement majoritaires aujourd’hui mais pour combien de temps ?), c’est peine perdue…

 

Je ne dis pas qu’il faut sacrifier l’apport des clients du hasard, mais ils sont un complément, à prendre en compte comme tel, alors que les dirigeants les ciblent comme les sauveurs, c’est l’erreur MONUMENTALE ! Comme de réduire la vitrine de la retransmission de TF1 ou FR TELE, vers Equidia et l’Equipe 21, donc passer de millions de téléspectateurs, à quelques milliers... Sans oublier le choix des courses Quintés, souvent à côté de la plaque comme le vendredi 28 novembre à Vincennes, ou des décisions de commissaires qui varient en fonction des jours... Ou encore avec des choix de courses leader en terme d’enjeux (Multi/Pick5) en dépit du bon sens, comme mardi dernier pour l’ouverture de Cagnes, avec une fort belle épreuve (gagnée par le bon UGO DE NIEUL) laissée de côté, ou jeudi à Vincennes un prix de série médiocre préféré, à nombre de partants semblable, à une superbe course de haut niveau au trot monté. Quand l’incompétence parvient à de tels sommets, c’est tout simplement du suicide !

 

 

L’avenir des courses passe par des programmes réfléchis ! La confiance commence par la transparence...