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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

MESSIEURS LES PRÉSIDENTS...

09 septembre 2014

L’INTÉRÊT GÉNÉRAL N’EST-IL PAS PRIMORDIAL ?

Cela fait plusieurs saisons que dans ces colonnes, nous mettons en évidence les “actes manqués”, les fautes de “communication”, les règles inadaptées qui font fuir les parieurs plus qu’elles ne les rassurent... Pourtant, rien ne change. Messieurs des sociétés de courses (Le Trot et France-Galop), vous restez campés sur vos positions défensives et vous poursuivez une politique qui fait totalement abstraction du joueur... oubliant que c’est votre seul client, votre seul moyen de subsister. Messieurs du PMU, vous en faites de même, à une nuance près : vous ne considérez que le joueur d’instinct,  et vous faite abstraction du joueur “intelligent”, celui qui est venu aux courses comme support d’un jeu où l’analyse, la réflexion, la recherche, peut donner des clés qui ouvrent des portes. Ces clés qui permettent de trouver  des solutions à des problèmes au terme d’une belle compétition sportive.  Vous semblez avoir ignoré totalement ce joueur, pour ne considérer que celui qui fait uniquement confiance au hasard.

Avec des numéros loterie, une multiplication des courses de niveau médiocre, y compris parfois dans celles qui devraient faire la recette (Quinté, Multi, Pick5), des choix promotionnels dont sont totalement absents tous les acteurs principaux (chevaux, professionnels, parieurs !), vous êtes en passe de perdre votre identité première. Je n’écris pas là qu’il fallait ne pas se pencher sur les paris sportifs, qui ont un avenir certain, mais que les paris sportifs ne peuvent être qu’une activité complémentaire, même si nous allons vivre une Coupe du Monde passionnante, comme tous les quatre ans. Mais il ne faut pas habiller Paul en déshabillant Jacques... En sponsorisant, à coups de millions d’euros, l’Équipe de France et la Fédération Française de Football, le PMU, qui tire (encore) l’essentiel de ses recettes des courses, vise-t-il juste ? Quelles retombées pour la filière hippique, de cet argent des courses distribué à un sport déjà riche à milliards de par ses droits de retransmission ? En résumé, dépenser toujours davantage autour du sport, en particulier du football,  (et je ne parle pas du poker qui est une hérésie), est-ce une politique qui aura des retombées positives sur la filière hippique ? D’autant qu’en agissant de la sorte, vous marchez sur les plates-bandes de la FDJ (autre organisme d’État) et qu’entrer en concurrence dans ce domaine est sûrement moins productif, pour les recettes fiscales, que la complémentarité... L’État, qui a eu l’occasion et la volonté de mettre un peu d’ordre dans tout cela mais que les “patrons des courses” ont rejeté d’un revers de main (rapport Augereau) pour préserver leur pré carré, reviendra tôt ou tard à la charge. Comme c’est le cas quand les recettes sont à la baisse et c’est le cas, l’année 2014 s’annonçant calamiteuse.

 

Alors que comptez-vous faire ?

 

 - Attendre que la situation soit réellement catastrophique, que les courses hippiques demeurent dans leur confidentialité, leur marginalité, ou comptez-vous agir positivement pour l’image via notamment une promotion qui fasse enfin la part belle aux acteurs des pistes ?

 

 - Persévérez dans la politique de la médiocrité et du hasard via la multiplication des courses proposées, ou recentrez les jeux qui marchent sur les courses de bon niveau, en mettant en place des programmes et des horaires enfin cohérents ?

 

 - Multiplier, comme ces dernières années, des règles injustes ou incompréhensibles (écuries, bonus, transformations de paris), des comportements suspicieux (prestations incohérentes, jockeys qui se relèvent, entraîneurs qui présentent sans chance...) qui font que les joueurs, dégoûtés, quittent le navire, ou bien enfin prendre en compte la réflexion des turfistes “pratiquants” (Association Nationale des Turfistes, Mouvement des Parieurs) qui savent, eux, ce qui est bien ou mal perçu par les joueurs de courses ?

 

 - Continuez à offrir de fausses garanties quant à la régularité des résultats (commissaires et juges amateurs) et quant à la lutte anti-dopage faussement efficace (les sociétés de courses étant surveillées par... elles-mêmes)  ou enfin accepter de dépendre de professionnels et de l’Agence Française de Lutte contre le dopage (AFLD) autorité publique indépendante du ministère des Sports ? Ces questions, les vrais amoureux des courses se les posent. Vous les posent. Ne pas y répondre, c’est ne pas accepter de mettre tout à plat, dans l’intérêt général...

 

Frilosité ou incapacité ? UN DÉFICIT SUR TOUTES LES CLIENTÈLES