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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

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Un “pilote” peut faire gagner... mais aussi perdre

07 avril 2014

Le sujet intéresse les amateurs de courses et de jeux : l’influence des jockeys ou pilotes sur les résultats. Bien sûr, c’est le cheval le premier acteur, dans toutes les spécialités. Mais dans les disciplines où une aptitude particulière, le saut, n’intervient pas, là où les valeurs se tiennent au plus près (plat et trot), l’influence du partenaire humain est capitale. À l’exception toutefois des plus jeunes chevaux car, en début de carrière, des grandes différences de valeurs peuvent être constatées ; ainsi de futurs champions sont amenés, lors de leurs premières sorties, à rencontrer des sujets qui leur sont très inférieurs, et là, la qualité intrinsèque du cheval compense toute erreur de pilotage. Comme l’on dit, il y a de la marge... Notamment une marge d’erreur pour le cavalier ou driver. En revanche, dans les catégories où la hiérarchie est stabilisée, notamment les handicaps en plat, et où les chevaux se tiennent de près (les trotteurs à partir de 5 ans), la qualité du “pilotage” a une importance capitale.

La moindre erreur peut coûter une course, ou une place. D’où les arrivées parfois incompréhensibles dans certains quintés. Ce n’est évidemment pas la seule raison mais l’inspiration des hommes peut faire perdre ou gagner une course. Les illustrations sont quasi quotidiennes et ces derniers jours, plusieurs exemples viennent étayer cette analyse... Mercredi, au trot à Angers, dans une course bloquée à une allure modérée faute de drivers voulant aller de l’avant, l’un des favoris RAMSEY DU HAM s’est fait piéger. En l’occurrence son driver Franck Ouvrie. On sait que le cheval est un attentiste mais à quoi sert d’attendre les 400 ou 500 derniers mètres quand l’animateur, l’un des favoris SWEDISHMAN, est en tête et mène au ralenti... On sait qu’il va accélérer en progression dans la portion finale et n’ayant pas fait d’effort auparavant, ayant temporisé le kilomètre précédent, on sait qu’il a les ressources pour faire un dernier bout vite en tête, qui va le mettre à l’abri d’un éventuel retour. Impossible de refaire des longueurs sur un cheval qui a toutes les ressources pour faire ses 500 derniers mètres sur le pied de 1’10’’. Dès lors, pourquoi ne pas anticiper et venir à 800 ou 900 mètres du poteau, pour ne pas être trop loin de l’animateur quand ce dernier va démarrer ? Il n’est bien évidemment pas certain que RAMSEY DU HAM aurait pu battre SWEDISHMAN mais il aurait pu au moins, peut-être, sauver une place dans le Quinté. Alors que la tactique employée, attendre trop longtemps, était presque vouée à l’échec. Résultat : sixième ! Les parieurs apprécient... Ce même mercredi à Angers on a aussi vu un driver gagner la course (Franck Nivard) avec ARLINGTON, qu’il a laissé ralentir dans le dernier tournant, moment où le cheval n’était pas très à l’aise. Le bousculer alors pour garder l’avantage (il était en tête depuis le départ) aurait probablement conduit à sa perte. Franck Nivard, au contraire, l’a laissé se reprendre, attendant qu’il soit bien en ligne, dans la phase finale, pour le relancer. Et il est venu l’emporter brillamment. Alors que son rival, AMI CORNUAILLAIS (Anthony Barrier) a lui perdu le bénéfice de ses efforts en se désunissant à la fin, alors que la deuxième place lui était promise... La faute à son driver qui ne s’est pas rendu compte qu’ARLINGTON lui était nettement supérieur. Il a demandé l’impossible à son cheval, lequel, à bout de forces, s’est désunit. On pourrait aussi citer, jeudi à Maisons-Laffitte, À COEUR OUVERT, que son jockey n’a jamais pu cacher, restant à flanc de peloton à l’extérieur. C’est rédhibitoire et ceux qui avaient misé sur ses chances connaissaient leur sort à mi-parcours. Voilà quelques exemples qui montrent combien les pilotes ou jockeys ont leur importance. Aujourd’hui, notre consultant sera associé à OROPURO BAR, qui vient de seulement terminer cinquième d’un Quinté dont il était grand favori. Ce jour-là, son remarquable entraîneur Marco Smorgon était au sulky et se croyait imbattable. Il a donc contré plusieurs attaques durant le parcours, ce qui a eu raison de la résistance de son partenaire, asphyxié par la débauche d’efforts en tête. Quelles qu’en soient les raisons, la victoire est donc la plupart du temps le fruit d’un travail collectif -cheval, lad, entraîneur- mais un homme peut transformer l’essai, ou saboter tout le travail réalisé en amont, le driver ou jockey. D’où son importance capitale dans le résultat.

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