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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

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ET SI ASSAINIR LE SYSTÈME PASSAIT PAR LA JUSTICE ?

02 mars 2013

La nouvelle est tombée mercredi, venant du Tribunal de Caen, chambre des appels correctionnels. La justice déboute France-Galop de ses demandes et sanctions contre Yann-Marie Porzier et Jean-Philippe Dubois, dans l'affaire qui, depuis 2005, a porté le discrédit sur les deux professionnels.

La nouvelle est tombée mercredi, venant du Tribunal de Caen, chambre des appels correctionnels. La justice déboute France-Galop de ses demandes et sanctions contre Yann-Marie Porzier et Jean-Philippe Dubois, dans l'affaire qui, depuis 2005, a porté le discrédit sur les deux professionnels. Concernant le premier nommé, une amende de 3.000 euros a été prononcée pour acquisition irrégulière de substance ou préparation classée vénéneuse et recel d'importation de médicaments sans autorisation de mise sur le marché. Des termes qui peuvent effrayer mais qui ont une explication toute simple. Le produit en question est le "sarapin" qui n'est autre qu'un des innombrables antidouleurs existant sur le marché mondial. Nous sommes donc dans le domaine du soin, pas du dopage au sens propre du terme. De plus, Yann-Marie Porzier a précisé avoir eu une ordonnance vétérinaire pour ce produit. La condamnation vient donc essentiellement du fait que ce produit n'a pas d'autorisation en France, raison de l'amende de 3.000 euros. D'autres ont d'ailleurs été pris dans des situations analogues, au trot par exemple, et l'amende fut la même alors qu'il s'agissait pourtant de produits ayant des vertus davantage "amélioratrices" que soignantes. Deux poids deux mesures ?

Dans cette affaire Dubois-Porzier, la montagne a donc accouché d'une souris ! Comme nous l'avions écrit il y a quelques années. Et les peines initiales (15.000 euros d'amende et quinze mois de prison avec sursis) ont été revues très nettement à la baisse. Ce qui ne satisfait toutefois pas complètement Yann-Marie Porzier qui envisage de se pourvoir en cassation.

France-Galop est donc renvoyé dans les cordes par la justice, puisque débouté de ses propres demandes. Ce qui signifie que les sanctions "conservatoires" prises par l'institution à l'encontre de l'entraîneur ne sont pas justifiées. Les quatre années et demi durant lesquelles Yann-Marie Porzier a clamé son innocence, et durant lesquelles il a été privé de son droit à exercer sa profession (il a dû aller vendre des pizzas pour survivre, n'ayant aucune ressources en tant que chef d'entreprise ayant cessé son activité) peuvent donc être considérées comme des atteintes à ses droits, ainsi qu'à ceux des employés qu'il a dû alors licencier.

Cela veut dire aussi que l'article du code (que l'on peut désormais appeler "Spécial Porzier") créer pour la circonstance, et qui permet de condamner X ou Y "pour avoir porté atteinte à l'image des courses, à la régularité des épreuves, et à la sécurité des parieurs" n'est plus applicable à Yann-Marie Porzier. En revanche, il pourrait désormais concerner ceux qui l'ont appliqué contre lui -les commissaires notamment- sans respecter la présomption d'innocence. Des commissaires alors sous l'autorité du directeur technique, Thierry Delègue. Un directeur technique  qui a depuis (été ?) démissionné mais qui coule pourtant des jours heureux, puisque "permis d'entraîner". Aura-t-il des comptes à rendre sur l'attitude de la société organisatrice ? L'avenir nous le dira. Nous avions à l'époque mis en évidence que certains dirigeants ont tendance à se croire autorisé du droit de vie ou de mort sur   les membres de leur association ? Est-ce le début de la fin de ce système passéiste ?

Dans ce même registre, L'Association Nationale des Turfistes menace de déposer plainte (voir communiqué), pour manquement à leurs obligations, contre les organisateurs de la course supposée truquée de Mons du 21 janvier dernier... Course co-organisée par France-Galop et support d'enjeux nationaux en France...

Des parallèles entre les deux affaires ? Un pouvoir abusif qui estime n’avoir de compte à rendre à personne ; un manque de transparence préjudiciable à la confiance des parieurs ; un mépris sans égal pour la clientèle qui finance l'institution, les turfistes, et pour ceux qui la font vivre, par leur travail quotidien -les professionnels- et par leur passion- les propriétaires-. À quand, par exemple, un changement radical qui permettrait notamment aux turfistes, à la base de tout l'édifice (pas de finances, pas de courses) de siéger au sein des institutions afin qu'ils ne soient plus (dé)considérés comme des vaches à lait, ou comme une cinquième roue du carrosse ?

Communiqué de l'A.N.T : QUESTIONS SUR UNE COURSE SUPPOSEE TRUQUEE AVOIR LE COURAGE DE RÉFORMER... OU DEVENIR “HAS BEEN” ?