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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

LE DERNIER A DÉNONCER LA SPIRALE INFERNALE ?

01 décembre 2013

Même s’il n’en reste qu’un, dans les médias, à oser dire la vérité sur les chiffres des enjeux des courses depuis plus d’une décennie, à savoir que la hausse des années 2000 fut totalement mécanique (notamment grâce à l’excellente évolution du système informatique du PMU) et que les deux grandes trouvailles des dirigeants (hausse de l’offre de jeux et hausse du nombre de courses) a eu bien plus d’effets pervers que d’effets positifs, je serais celui-là...

Certains, parmi les dirigeants des sociétés de courses, parmi les cooptés socio-professionnels, auraient exprimé l’idée de marginaliser l’auteur de ces lignes... Comme le disait une chanson célèbre “Celui qui dit la vérité doit être exécuté...”

À ces “génies” qui ne trouvent pas d’autres solution à leur médiocrité que la censure de celui qui les observe objectivement, je répondrais qu’à ne pas vouloir regarder cette vérité en face fait, et va faire, des dégâts considérables.

Si le PMU a optimisé le réseau informatique, s’il a su parfaitement répondre aux évolutions techniques en n’étant pas à la traîne des évolutions technologiques (site internet, applications informatiques sur moyens mobiles -téléphones, tablettes-) et a donc su être présent à ce basculement informatique de cette nouvelle décennie, il n’a pas été suffisamment à l’écoute de sa clientèle, les joueurs. Et en cela, il n’est pas le responsable de la décadence actuelle, baisse des enjeux et désertification des hippodromes. Les premiers concernés par cet effondrement, notamment de l’image des courses, ce sont les sociétés de courses et notamment ceux qui ont cru que des éleveurs-entraîneurs de chevaux sauraient gérer un milieu générant dix milliards de chiffre d’affaire par an ! Ces socio-professionnels autoproclamés décideurs politiques sont ceux qui avaient à gérer le véritable vivier des joueurs de courses hippiques, les turfistes. Ces habitués des hippodromes qui, par passion, bravaient parfois des conditions déplorables pour aller sur les champs de courses. Ces habitués qui, en partageant leur passion, participaient au renouvellement de la clientèle (prosélytisme). Mais à trop les prendre pour des “vaches à lait”, à ne pas les considérer comme des spectateurs qu’il faut encourager, protéger, voire choyer, à ne regarder que leur nombril et à ne pas gérer les bijoux de famille qu’ils avaient entre les mains, ces dirigeants de sociétés de courses ont scié les branches sur lesquelles ils étaient confortablement installés. N’oublions pas, en effet, que c’est à leur demande que le P.M.U a augmenté l’offre maintenant démentielle avec des courses du matin au soir, quitte à proposer des programmes de chevaux et jockeys inconnus à l’autre bout du monde, y compris dans des pays où la régularité des résultats n’est pas assurée. Ce sont eux, dirigeants des sociétés de courses, qui ont voulu à tout prix tenir la presse en respect, quitte à investir (et perdre) des millions d’euros dans un groupe de presse qui, ils l’espéraient, allait mettre à terre la presse qui demeurait encore indépendante. Ce sont eux qui, au début de l’ère de la création d’Equidia, cet outil indispensable à la promotion de notre sport, en ont oublié qu’il ne fallait pas pour autant négliger les autres médias, notamment généralistes. Qu’en laissant vampiriser la “PQR” (presse quotidienne régionale) par leurs propres services de communication (Gény-courses) presse dépendante adepte de la méthode Coué “Tout va bien, je vais bien...”, ils ont rendu la couverture de notre sport, via ces médias, ringarde car sans relief et donc sans intérêt. Qu’en négligeant les chaînes les plus regardées (TF1, France Télévision) ou en exigeant de leur part une couverture là encore sans relief car à sens unique, en ne racontant que ce qui va bien, ils ont pris le risque de rendre l’électroencéphalogramme des courses hippiques de plus en plus plat. Si aujourd’hui les courses hippiques sont aussi proches du coma, c’est en partie pour cela. En oubliant que le public a besoin de contradicteurs pour se passionner (voir le football avec des journalistes et consultants qui font le buzz par la contestation et l’analyse sur toutes les chaînes de radios et de télé), en oubliant de ce fait que c’est de la critique et de l'analyse que naît la discussion, donc le progrès, les dirigeants des sociétés de courses ont laissé s’installer une routine coupable. Avec des courses de moins en moins passionnantes, des règles parfois incompréhensibles, parfois même absurdes, qui n’ont jamais ou trop tardivement été remises en question. En masquant leur politique derrière des bilans en trompe l’œil, comme l’attribution, durant des années, de la hausse des enjeux, à leurs programmes inflationnistes, alors qu’elle n’était que le fruit d’un confort mécanique et informatique, en proposant des enjeux “satisfaisants” en 2010, alors que les premiers effets négatifs de leur politique auraient dû les faire réagir, en écartant d’un revers de mains et d’un coup de piston politique le rapport Augereau qui mettait noir sur blanc la plupart des problèmes à régler, les sociétés de courses ont pris la responsabilité de ne pas stopper la spirale infernale qui s’annonçait.

Il est bon toutefois de préciser que l’État, quel que soit le pouvoir en place, n’a eu de cesse de négliger ce secteur, laissant tout faire, et souvent n’importe quoi, allant même jusqu’à donner tout pouvoir par décret aux sociétés de courses. Le résultat est catastrophique. Et si les Ministères de tutelle laissent cette spirale devenir tempête, elle deviendra un cyclone contre lequel nul ne pourra plus rien faire... Pourtant, les pistes sont multiples mais à condition de raisonner large... Comment, par exemple, l’État a-t-il pu laisser ses deux grands organismes de jeu en France, qui rapportent des millions d’euros au Trésor Public, se concurrencer alors qu’ils auraient dû être complémentaires. Ainsi, les courses se devaient de garder leur spécificité, la F.D.J. étant elle dans son domaine avec les jeux de loterie. La concurrence via les paris sportifs, que la F.D.J. a dû subir des courses, alors qu’elle avait appris à bien les gérer, n’a pas été d’un grand intérêt général... Le fait que les courses viennent, par exemple, concurrencer la F.D.J. sur le terrain du hasard (via le numéro loterie du Quinté mais aussi l’inflation de courses), a même été contreproductif pour les courses, alors que la F.D.J. qui elle, continue de voir son chiffre d’affaires augmenter malgré la crise économique, a confirmé son savoir-faire dans son domaine et dans sa communication, secteur essentiel de nos jours. Il y a là probablement des enseignements à tirer...

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