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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

“OFFREZ-MOI LA NOUVELLE CARRIÈRE QUE JE MÉRITE”

01 août 2013

Une place toute particulière cette semaine pour un sujet qui nous tient à coeur, à la rédaction, celui de la reconversion des chevaux toutes disciplines confondues et ce, avec un billet d'une passionnée de course et de chevaux, Morgane Le Gall, qui nous a écrit un papier bouleversant via son compte Twitter.

On sait que France-Galop avait fait un effort tout particulier, créant un partenariat avec la Ligue française de protection du cheval (LFPC), en proposant, optionnellement (hélas) aux propriétaires de contribuer, à hauteur d’un infime pourcentage sur les gains, d’aider cette ligue de reconversion. Une initiative qui n’a pas été jugée possible par les trotteurs,  très gros fournisseurs de camions en direction des abattoirs, même si certains, trop peu nombreux, font leur possible pour tenter d’assurer une seconde vie à leur retraités, ou à ceux que la nature n’a pas dotée de suffisamment de moyens pour gagner leur vie en course. Nous reviendrons régulièrement sur cet aspect, indissociable d'une bonne image des courses. Et de ce côté, nous sommes, malgré les effort des France-Galop, qui n’ont hélas pas été suffisamment suivis par les propriétaires, bien loin du compte. C’est un vaste chantier, il est vrai, mais si les dirigeants veulent redorer le blason des compétitions hippiques, il va falloir s’y attaquer et cesser de pratiquer la politique de l’autruche...

L'histoire qui nous est relatée icii nous a touchés et montre que bien des passionnés font leur possible. 

Hélas, ce sont toujours des initiatives personnelles et si quelques professionnels se sont déclarés ouvertement dans ce combat (Thierry Jarnet et sa compagne Sandrine Tarrou par exemple), il faudra que l’institution (trot et galop) prenne en compte ce facteur. Si le public peut aimer les courses, c’est aussi parce qu’il aime le cheval. La popularité de notre sport passe donc par là.

 

Par Morgane LE GALL :

“J’ai trop vu de purs-sang dont je m'occupais  partir à la boucherie sans qu'on me prévienne, pareil pour des chevaux de club alors que nous étions quelques uns a essayer de leur trouver une solution. Des anecdotes j’en ai des tonnes. Celle que je vais relater ici me concerne directement. Les oreilles sont pointées et le regard inquiet, je caresse doucement tes naseaux qui frémissent, tu ne sais pas où tu es et cela te perturbe. Deux jours, tu as le droit à deux jours de sursis. Soit je t'achète, soit tu pars dans le mauvais camion vers l'horreur, “au couteau” selon l'expression abominable. Ta courte carrière de plat est terminée, quatre courses sur des hippodromes de province et le verdict est tombé, tu ne vas pas assez vite. Au premier regard j'ai craqué, alors tu ne peux le savoir mais le mauvais camion partira sans toi mais combien d'autres de tes congénères n'auront pas cette chance. Pourtant il y a une vie après les courses pour ces chevaux pas assez qualiteux sur la piste. J'en ai monté quelques réformés des courses et j'ai toujours été étonnée par leur capacité à apprendre, à vouloir bien faire ! Avec de l'amour, de la patience et du travail, on se retrouve avec un compagnon très agréable. Très souvent on les retrouve sur des terrains de concours hippique ou sur le cross, sur une carrière en dressage, j'en connais même qui font du horse-ball. Il aussi être simplement cheval de promenade. Je me souviens même d'un réformé harnaché d'une bride et d'une selle western dont son cavalier était très fier; tous deux partaient seuls en balade... Mais il n'y a pas qu'eux, il y a ceux qui ont terminé leur carrière de course pour diverses raison : à cause de blessure, parce qu'ils sont devenus trop âgés, trop difficiles à placer dans leurs engagements. Jamais mieux qu'aujourd'hui l'expression “Time is Money” ne prends son sens. Avec l'augmentation des charges et des taxes un propriétaire peut encore moins qu’avant se permettre de nourrir une bouche inutile ;  il faut que le cheval parte rapidement... même si c'est dans le mauvais camion. Pourtant il existe des écuries où les entraîneurs prennent le soin et le temps de trouver une solution pour leurs protégés, c'est donc possible. Des familles sont prêtes à accueillir ceux qui ne peuvent plus être montés et qui serviront “de tondeuses à gazon” comme on les nomme affectueusement. Tous ont le droit de vie, nous leur devons bien ça, ils nous ont tant donné sur la piste ! 

Comme tous les soirs, je t'apporte quelques carottes et viens te faire une dernière caresse, tu l'as senti venir bien avant moi, un pur-sang monté par son lad entre dans la cour. Il descend de cheval et me dit tout simplement : «Essayez-le, s'il vous plaît, il est vraiment très gentil, s'il ne trouve personne il part lundi matin à l'abattoir» Il était bouleversé ! Nous étions vendredi soir et je savais que je ne trouverais personne. Il a insisté : « Si vous trouvez quelqu'un vous pourrez me prévenir » ? 

Je lui ai répondu que oui mais je ne sais pas s'il s'est aperçu que je ne lui ai même pas demandé dans quelle écurie il travaillait... Lorsqu'ils sont repartis j'avais le cœur tellement serré que j'ai blotti ma tête contre ton encolure, je pense à ce cheval et je pense à toi, au bonheur que nous partageons tous les deux et qu'il n'aura pas eu l'occasion de connaître un jour.

C’était il y a quelques années. Depuis les choses n'ont pas beaucoup changé. Un bien plus grand nombre, chaque mois, prend le mauvais camion plutôt que celui qui va vers un pré vert... 

Alors n’est-il pas possible, par exemple, lors de l'achat ou de la naissance d’une cheval, de penser tout de suite à son devenir lorsqu'il sortira de l'entraînement, du circuit, pour éviter d'agir en urgence ? Les courses sont pour beaucoup une passion, qu’elles soient de trot ou de galop. Alors autour de cette passion, n’est-il pas temps d'engager une réflexion pour que tous ces braves serviteurs aient une seconde chance, une seconde vie, les courses n'en seraient que plus belles.  “         Morgane Le Gall

INTERDICTION DE DEFERRER LES JEUNES TROTTEURS : une initiative qui doit n'être qu'un début LA FILIÈRE EN DANGER ? APRÈS AVOIR ACCUMULÉ LES FAUTES GRAVES, LES DIRIGEANTS VONT ALLER PLEURER...