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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

N° Audiotel > 08.99.700.720

(0,80 € la minute)

LA TRANSPARENCE PASSE PAR UNE PRESSE INDÉPENDANTE : cyclisme vs hippisme

30 juin 2013

Lance Armstrong, déchu de ses sept victoires dans le Tour de France, a dans l'édition du journal Le Monde, fait quelques déclarations fracassantes à la veille du départ de l'édition 2013 qui a lieu aujourd'hui. Pour l'ex-coureur américain, "Il est impossible de gagner le Tour de France sans se doper". Force est de reconnaître qu'à la lecture du palmarès, notamment des deux ou trois dernières décennies, les noms qui figurent ou figuraient avant disqualification aux premières places de cette épreuve reine ont de quoi faire pâlir. La plupart ont été convaincus de dopage lourd. Entendons-nous bien. On parle de pratiques qui améliorent la performance comme l'oxygénation du sang (E.P.O), les corticoïdes, les anabolisants, les amphétamines, et non des soins dont ont besoin les sportifs pour ne pas ressentir les douleurs. Et c'est là que le rapprochement avec les courses hippiques peut être fait. Il est d'ailleurs curieux de constater que ces deux sports (courses et cyclisme) revendiquent haut et fort d'être le sport le mieux surveillé en matière de dopage.

 Il faut remarquer que si le discours est cohérent depuis quelques années en cyclisme, où le grand nettoyage est en cours, avec souvent l'appui d’enquêtes de gendarmerie ou de police approfondies ; en revanche, côté courses il est totalement incohérent. Aux courses, aucune coopération en effet avec la police et la justice. On lave le linge sale en famille... comme le faisait le vélo avant les années 2000. Aucune enquête, aucune écoute, aucune filature. Comment, dès lors, prétendre affirmer que tout est "blanc" ? Aux courses, quand on revendique d'être le sport le plus et le mieux contrôlé et qu'un seul cas lourd a été révélé (anabolisants avec sanctions plutôt légères, considérant la gravité du produit...), il n'y a que deux solutions : soit le sport en question est le plus propre de tous, ce que tentent de faire croire les fédérations de courses hippiques (tout comme le faisait le cyclisme il y a encore dix ans), soit la lutte est inefficace... Et ce ne sont pas les quelques cas d'anti-inflammatoires livrés au grand public qui pourront faire définitivement écran au vrai dopage.

 

Cette semaine, dans les “Guignols de l'info”, un sketch fut assez révélateur de ce que l'on est en droit de penser depuis quelques années dans ces deux milieux, finalement pas si éloignés l'un de l'autre, l'hypocrisie passée du cyclisme n'étant pas sans rappeler l'hypocrisie actuelle des instances hippiques. Il mettait en scène un reporter, qui avait le privilège d'entrer au sein du laboratoire le plus performant au monde, et qui allait pouvoir demander au patron de ce laboratoire quelles étaient les techniques qui leur avaient permis de mettre en lumière ces pratiques interdites. Et le patron du labo de sortir de son armoire secrète la collection de journaux dans lesquels on pouvait lire les exploits des grands vainqueurs, les efforts inhumains qu'on leur demandait de fournir (longueur d'étape, nombre de cols et autres difficultés à franchir) et le ratio vitesse/difficultés sans cesse battu. Traduction de ce sketch : avant toute preuve technique, un peu de logique d'observation permet d'avoir les plus gros doutes. Il faut ainsi se souvenir d'éditos de certains journalistes sportifs indépendants qui se posaient bien des questions sur les dominations outrancières de certains grands champions, dont évidemment Armstrong en tête, mais aussi bien d’autres convaincus d’avoir trichés comme Bjarne Riis (qui a reconnu avoir utilisé de l’E.P.O lors de sa victoire 1996) et qui deviendra l’entraîneur de nombreux champions dont Contadore,  dont la vitesse dans les cols laissait pantois tous les observateurs... sauf les commentateurs télé et radios... Là encore, les chantres de la brosse à reluire et du cirage prenaient le pas sur les empêcheurs de tourner en rond. À l'image d'un Gérard Holtz qui laisse entendre, quelques années plus tard, qu'il a pleinement joué son rôle de journaliste pour avoir, un jour, lu en direct devant Armstrong, un communiqué explicatif de contrôle positif... qui était un tissu de mensonges (depuis reconnus) écrit par toute l'équipe de communication du coureur américain ! MDR...

 

N’est-ce pas la preuve qu’au niveau des courses, comme ailleurs, une presse indépendante, n'hésitant pas à se poser des questions, est indispensable pour que le public croie en ce qu’il voit. Le monde n’est pas parfait. Lecteurs et passionnés de sport le savent. Ils veulent simplement qu’on leur dise la vérité. Imaginez-vous lire un papier parlant de soupçons de dopage dans Gény-Courses, le quotidien hippique appartenant aux instances ? C'est aussi improbable et absurde que d'imaginer avoir un papier sur le dopage dans Le Monde si ce dernier avait appartenu à une fédération sportive concernée... Pourtant, y-a-t-il moins de monde sur les routes du tour de France depuis la médiatisation des affaires de dopage. Bien sûr que non. Dès lors, cela démontre qu’une presse libre et indépendante, capable de se questionner sur des performances "stupéfiantes" ou sur des comportements irréguliers est indispensable et ne provoquerait aucune désaffection des turfistes. Je suis même convaincu que c’est tout le contraire...

CONTRAIREMENT AUX APPARENCES, LES ENJEUX RÉVÈLENT UN GRAND MALAISE... LES COURSES HIPPIQUES DOIVENT RESTER UN SPECTACLE