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Points de vue sur le monde des courses hippiques : 

un regard sans concession

Passionnée, l'équipe de journalistes vous propose de tout savoir sur l'organisation, les compétiteurs hommes et chevaux mais aussi sur les abus, les privilèges... Par le biais d'articles de fond sur des faits récents, ou de dossiers sur les grands sujets qui font débat, un seul objectif : que les turfistes passionnés puissent tout savoir et ainsi avoir un jugement s'appuyant sur... la vérité.

Le maître mot, trop souvent oublié par la presse.

 Articles rédigés par Patrick LANABÈRE

 (copies sous réserve d'autorisation)

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Cagnes : un outsider a 28/1... ne rapporte que 7,50 €

15 décembre 2017

Mercredi, à Cagnes-sur-Mer, le rapport d’un cheval au jeu simple gagnant a particulièrement interpellé les parieurs, mais pourtant, aucune réaction côté officiels. Depuis quelques semaines maintenant, voire quelques mois, nous constatons des « fontes » de cote inexplicables au tout dernier instant. Par le passé, nous connaissions un phénomène de baisse de cote de quelques points, appelé « prise ». Ce sont des mises qui se concentrent sur un cheval dans les dernières minutes. Deux trois points, pour les plus courantes, de quatre à six points pour les plus importantes. Au-delà, c’est assez exceptionnel.

 Ces « prises » sont constatées en général dans les minutes qui précèdent le départ et tout turfiste y est habitué. Chacun sa tactique d’ailleurs pour les appréhender. Il y a la prise qui s’explique par un cheval très pronostiqué et qui débute les opérations à une cote élevée ; c’est ce qu’on appelle la « rectification ». Elle est le résultat d’un mécanisme tout à fait explicable. En revanche, quand la prise a lieu sur un cheval qui n’a pas une chance prépondérante à première vue, l’explication est ailleurs : soit il a très bien travaillé et c’est de l’argent de quelques personnes bien informées ; soit c’est un concurrent ayant mieux couru que ne l’indique son ou ses derniers résultats et ce sont des enjeux de bons observateurs. Tout cela, les turfistes le gèrent… Mais il est un phénomène beaucoup plus perturbant et récent, les prises… pendant la course ! Là, c’est un gros problème qui soulève bien des interrogations.

Mercredi dernier, la victoire de LAKE’S MAKER, dans un prix de série sur les haies, a fait beaucoup réagir les parieurs, entre autres sur les réseaux sociaux.

Un message de l’entraîneur Julien Phelippon -très actif sur ces réseaux- a d’ailleurs été « acide » et légitime : « On touche le sublime avec le 613 LAKE’S MAKER au départ à 28/1 payé réellement 7,50. Cette fois c’est trop. 73% de baisse à la dernière seconde… On attend de savoir d’où vient l’argent ? ».

Ou encore : « Pour la énième fois depuis 3-4 mois... j’espère que la planète turfiste va se remuer et arrêter de se faire spolier de manière très proche de la malhonnêteté… /// … J’ai quand même du mal à croire qu’un type sûr de son coup avec ce cheval attende les trente dernières secondes ! ».

D’ailleurs, ce jour-là, un autre gagnant a vu son rapport fondre de manière conséquente (près de 50%) : le N°1 dans la course 9, THE RIDER : 7,70 au départ… 4,20 a l’arrivée. Lui venait de gagner quelques jours plus tôt et donc certains ont rejoué dans la foulée. Voilà pour l’explication « sportive ». Mais cela n’explique toujours pas le décalage de cote entre le  départ et l’arrivée, lequel sème ce fameux doute dans l’esprit parieur. Julien Phelippon, très vigilant sur ces sujets sensibles, faisait aussi remarquer d’autres baisses entre l’ouverture des boites et l’arrivée, le lundi à Pornichet (GREEN SAGA de 13 à 7, EIKENELLA BELLEVUE de 7,50 à 4,50).

LAKE’S MAKER, mercredi, a gagné de manière désinvolte, de près de vingt longueurs, comme un coup sûr pour ses débuts en obstacles. Difficile à imaginer pour le parieur, sur ses courses en plat : une seule victoire dans une petite épreuve à Chatillon-sur-Chalarone en quinze sorties… Il s’agit donc d’une révélation. Et seuls ceux qui connaissaient son aptitude à l’obstacle (il débutait) pouvaient engager des mises importantes. D’où l’insatisfaction des parieurs et d’autres messages peu encourageants : « Là c'est le record... Tout part en vrille dans le monde des courses. Je dois être un vrai malade pour continuer à jouer ! En revanche, pour amener de nouveaux turfistes c'est compliqué… ».

Du côté des organisateurs, pour l’instant pas d’explication sur cette course. Côté enjeux, signalons qu’au moment du départ (rapport probable de 29€), les mises gagnantes étaient de 63.573€. Au moment de la publication des rapports (G: 7,50 P: 3,30) les mises étaient passées à 69.214€ (+5.641€) pour le simple gagnant. Elles étaient 60.864€ pour les places.

Dès lors, force est de constater que les masses, désormais (vu la multiplication des courses) sont faibles et que l’influence sur les cotes est donc très sensible. Toutefois, il semble que dans ce cas la majorité des 5.641€ tombés pendant la course l’aient été sur le gagnant... Avant le départ, il ne devait pas y avoir beaucoup d’argent car le total des mises sur le gagnant  fut de 6.865. Cela doit interpeller concernant un "outsider".

Pourtant, rien du côté de l’organisateur (France-Galop), chargé de la régularité des courses et des résultats… Pas de réaction du côté de l’ARJEL qui lui, il est vrai, n’est chargé que des paris internet. Or, de ce côté, rien d’anormal dans cette course où LAKE’S MAKER a été payé 27,80 !

Du côté de l’opérateur PMU, en revanche, on nous a promis une réponse dont nous vous tiendrons informés. Une bonne chose tant il est vrai que les parieurs, notamment ceux ayant investi à perte dans cette course, aient une explication rationnelle. C’est d’ailleurs vrai pour toutes les distorsions inexpliquées pour une bonne et simple raison : rassurer les parieurs.

Car ne perdons pas de vue que la perte de confiance est synonyme de baisse de consommation, puis un jour ou l’autre d’abstention. La confiance, le ressenti parieurs c’est, je ne cesse de le répéter, l’un des enjeux majeurs de l’avenir de la filière...

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