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Actualité hippique : une analyse acérée signée Lanabère

Il se passe chaque jour quelque chose sur les hippodromes. Si nombre de courses ne sont en fait que des épreuves loteries de faible niveau, il existe de vrais événements, avec des chevaux de qualité. Dans cette rubrique, vous saurez tout des compétitions de bon niveau et tout ce qui se dit en secret dans les coulisses. Présentation d'avant-course, analyse après-course en fonction de l'intérêt sportif...   Pour cela, nous sommes chaque jour au sein des écuries, sur les champs de courses et dans les centres d'entraînement.

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LES COURSES HIPPIQUES ONT-ELLES UN AVENIR ?

10 février 2014

 Mardi dernier, à Cagnes-sur-Mer, les dirigeants ont voulu tester un nouveau mode d’organisation, en proposant aux parieurs une réunion de seize courses mixtes (plat et trot) sur le même site. Comme je l’écrivais avant cette réunion (dans notre édition de mardi matin) nous sommes très favorables à ce type d’expérience qui va dans le sens de la concentration et qui peut représenter une économie non négligeable pour tous ! Maintenant, nous avions mis en avant certains points négatifs, notamment sur ce  rythme d’une course tous les 1/4 d’heure sur un même hippodrome, mais aussi sur le fait que la réunion commençait à midi, et la R1 à 13h50, et que cela ne pouvait que provoquer l’incompréhension des parieurs... Côté technique, c’est prendre trop de risques.

Courir à ce rythme, dans deux spécialités sur un même site, ne laisse aucune place à l’impondérable. Mardi, cela s’est bien passé mais le moindre incident (faux départs, cheval échappé ou autre) provoquera des conséquences ingérables. Et puis il y a l’essentiel, le nerf de la guerre, les enjeux. Ils n’ont pas été satisfaisants, très inférieurs, par exemple, à ceux d’un simulcasting normal de deux réunions séparées offrant, de manière cumulées, elles aussi une course tous les 1/4 d’heure. Cela démontre à mon sens deux choses que les dirigeants refusent pour l’instant d’admettre. Tout d’abord, la moindre erreur de programmation ou de choix de jeux (ce fut encore le cas mardi avec un Pick5 ridicule) provoque un manque à gagner. Ensuite, ce rythme élevé est arrivé à saturation. On s’en aperçoit notamment dès qu’une troisième réunion à l’étranger, avec des horaires “modulables” vient chevaucher, perturber, ces programmes, offrant ainsi une course toutes les sept ou huit minutes ; on ne s’en sort plus. Equidia, malgré tous ses efforts, ne peut plus gérer les retransmissions dans de bonnes conditions en aval, et la présentation en amont, ce qui déplaît aux parieurs qui en conséquence jouent moins. Même si les enjeux ne sont pas communiqués au jour le jour, les chiffres constamment à la baisse ces derniers mois, alors que l’offre augmente, est une preuve irréfutable. Et c’est le nerf de la guerre, encore et toujours. Même si d’un point de vue technique, il est mis en avant le fait que les parieurs joueraient encore moins avec moins de course, c’est un raisonnement à très court terme. Les effets de lassitude, de dégoût, de découragements (pour des raisons innombrables souvent exposées ici) ont eux des effets négatifs à long terme. C’est une spirale infernale qu’il faudra oser interrompre rapidement sous peine de crise grave des enjeux. Les parieurs démontrent en effet qu’ils sont encore, pour une majorité, attachés à des courses qui demandent réflexion et par conséquent étude. “Faire le papier” avant d’investir, c’est cette forme de pari intelligent qui a fait la recette des courses hippiques durant ces dernières années, pourquoi le nier, le renier ? La quête de la clientèle de hasard reste et restera toujours vaine ; c’est le point fort de la FDJ et on ne peut rivaliser, les chiffres le démontrent. À titre d’exemple, la FDJ a fait 73 millionnaires en euros en 2013, contre 12 aux courses... Pourquoi vouloir lutter ? Il me semble qu’il est grand temps de comprendre que l'expérience de mardi dernier confirme un fait, les parieurs qui n’ont pas le temps d’étudier un minimum les compétitions quittent le navire... Résultats incompréhensibles de courses trop nombreuses et de trop faible niveau, rapports faméliques de courses classiques avec trop peu de partants sont deux des cancers qui rongent les courses. La faute, entre autres (mais une page entière ne suffirait pas à tout exposer en détail) à des programmes mal adaptés, et à des règles des jeux obsolètes et ridicules, comme l’accumulation de bonus ou de jeux semblables sur une même course...

 

IL EST GRAND TEMPS DE METTRE EN PLACE LES “ÉTATS GÉNÉRAUX DES COURSES”. Il faut, pour sauver ce qui peut encore l’être, recentrer les objectifs sur les points forts des courses hippiques. Nous l’écrivons depuis plusieurs années, nul ne nous écoute. Et à ce rythme, l’hippisme pourrait être le grand perdant dans les années, voire les mois qui viennent. C’est d’autant plus navrant que les idées existent. Elles pourraient être discutées, débattues, pourquoi pas dans le cadre d’états généraux des courses, avec enfin la prise en compte de la parole des turfistes. Jusqu’à présent, ce genre d’initiative a été étouffée dans l’œuf (voir rapport Augereau). Alors, quelques dirigeants auront-ils un jour le courage de revenir à de nobles ambitions ? En résumé, l’intérêt général prendra-t-il un jour le pas sur les petits intérêts particuliers ?

Retour sur un “petit” Prix de France tactique... LE PRIX DE FRANCE, LE BON CHOIX !