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Actualité hippique : une analyse acérée signée Lanabère

Il se passe chaque jour quelque chose sur les hippodromes. Si nombre de courses ne sont en fait que des épreuves loteries de faible niveau, il existe de vrais événements, avec des chevaux de qualité. Dans cette rubrique, vous saurez tout des compétitions de bon niveau et tout ce qui se dit en secret dans les coulisses. Présentation d'avant-course, analyse après-course en fonction de l'intérêt sportif...   Pour cela, nous sommes chaque jour au sein des écuries, sur les champs de courses et dans les centres d'entraînement.

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Revoir le programme pour assurer spectacle et recettes

03 février 2014

On l’a constaté tout au long de l’année passée, au trot comme au galop, les erreurs de casting, les mauvais choix de courses (pour les jeux les plus populaires comme le TQQ, les Multis ou Pick5), ont été l’occasion d’un grand gâchis. Tout d’abord financier car en ne s’attachant pas à tout mettre en œuvre pour offrir les meilleures courses possibles, avec suffisamment de partants (on sait que les belles recettes se font fort logiquement dans les courses qui proposent le meilleur rapport “qualité/quantité”), les sociétés de courses ne remplissent pas leur mission.

Ces associations sous tutelle de l’État sont pourtant censées mettre en place des compétitions pour que les passionnés de courses hippiques (les turfistes) y trouvent les meilleures conditions pour engager des paris. Les prélèvements sur ces mises finançant toute la filière course, de l’élevage à la compétition, faut-il rappeler cette évidence ? Malgré cette mission prioritaire, il semble que cet angle majeur soit négligé, à l’heure pourtant où le pari hippique souffre d’une mauvaise image (la faute à qui ?). Les enjeux entrent dans une période de crise (prévisible et annoncée dans ces colonnes depuis longtemps !) et le mois de janvier est murmuré comme catastrophique (la baisse pourrait dépasser les 5%...). Les remèdes existent pourtant.

GOUVERNER C’EST PRÉVOIR.

Quand une société de spectacle voit sa fréquentation diminuée, ne dit-elle pas réagir ? Un dirigeant responsable corrigerait même cette question en précisant que cela doit être anticipé... N’en demandons pas trop à des dirigeants de sociétés de courses qui ont toujours considéré qu’ils pouvaient faire tourner leur “business” sans compétences extérieures. Mais maintenant qu’ils sont au pied du mur, ont-ils enfin comprendre ? Après avoir balayé d’un revers de manche méprisant le rapport Augereau, qui annonçait il y a deux ans cette crise et proposait d’y réfléchir, voire d’y apporter des solutions, les instances du trot et du galop sont dans une impasse. Et continuer à pratiquer la politique de l’autruche, comme ils le font depuis toujours, ne va pas cette fois sauver leur pré carré, l’État, qui avait pallié financièrement à la grande crise précédente (années 70/80) n’étant plus en “état” de combler le déficit hippique. Déficit financier dû à un déficit de compétences en matière d’organisation. C’est flagrant chez les trotteurs en ce meeting hivernal. Ils payent leur inconséquence en multipliant les quintés dans des lots faibles... Imaginez, par exemple, le déficit d’enjeux de samedi dernier, où le Prix du Luxembourg n’a pu être Quinté, faute de partants...

PRIX DU LUXEMBOURG “GÂCHÉ”... Par le passé, par exemple en 2011, alors que les “éliminables” du prix d’Amérique avaient autour de 500.000 euros de gains, le Prix du Luxembourg, avec des conditions de courses plafonnées à 635.000 offrait une belle opportunité pour un certain nombre... En 2012, les moins riches du Prix d’Amérique fleurtaient avec les 700.000, soit 200.000 de plus ! Le Prix du Luxembourg fermé à 685.000, commençait à être sur la ligne rouge... Cette année-là, YARRAH BOKO (éliminé du prix d’Amérique avec 663.000) y trouvait de justesse une belle consolation en l’emportant. Mais il s’en était fallu de peu ! C’est donc là, en 2012 qu’il fallait réagir et remonter considérablement le plafond du Luxembourg pour qu’il ne soit pas en danger. Pour que les éliminés du Prix d’Amérique puisse continuer à y trouver un bon lot de consolation et les turfistes un beau Quinté la veille de l’épreuve majeure... L’hiver dernier, la tendance à la hausse du Prix d’Amérique s’est logiquement confirmée. Il était par conséquent urgent de réagir avec le Luxembourg plafonné à 700.000. Personne n’a pourtant bougé. Ni les hauts dirigeants du trot, qui en tant que “politiques” de l’instance devraient avoir une vision d’ensemble, ni le “Comité” chargé du programme, comité dirigé par des socio-professionnels qui demeurent persuadés qu’ils peuvent gérer leur écurie, leur entraînement, et la société organisatrice... Aberrant ! En conséquence, ce qui devait arriver arriva... Cette année, avec des prétendants au Prix d’Amérique encore plus riches, on a dû éliminer RENOMMÉE D’OBRET (739.000), ainsi que ROXANA DE BARBRAY et UNIVERS DE PAN qui dépassaient les 800.000 euros de gains. Avec un plafond du “Luxembourg” inchangé à 700.000, ces trois-là ne purent courir... Et le Prix du Luxembourg, avec 13 partants n’a pu être Quinté !


Voilà la démonstration du manque de vision des dirigeants, qui scient en fait la branche sur laquelle ils sont assis, ayant besoin des meilleures recettes possibles dans les courses événementielles, et ne mettant pas en place les programmes pour y parvenir... Jusqu’à quand ? D’autant que pour en terminer avec notre exemple du week-end du prix d’Amérique, il existait même une autre solution... Inclure, dans les conditions d’engagements du prix du Luxembourg, que les éliminés du Prix d’Amérique puisse systématiquement être réintégrés comme partants (la déclaration étant le même jour) le samedi, ce qui en l’occurrence aurait permis d’avoir un beau Quinté à 16 partants, pour assurer une belle recette.

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