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Actualité hippique : une analyse acérée signée Lanabère

Il se passe chaque jour quelque chose sur les hippodromes. Si nombre de courses ne sont en fait que des épreuves loteries de faible niveau, il existe de vrais événements, avec des chevaux de qualité. Dans cette rubrique, vous saurez tout des compétitions de bon niveau et tout ce qui se dit en secret dans les coulisses. Présentation d'avant-course, analyse après-course en fonction de l'intérêt sportif...   Pour cela, nous sommes chaque jour au sein des écuries, sur les champs de courses et dans les centres d'entraînement.

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OÙ EN EST-ON DU CÔTÉ DE NONANT-LE-PIN...

17 janvier 2014

L'affaire GDE/Nonant-le- Pin, qui oppose les dirigeants de la société de traitement de déchets et les associations de sauvegarde des terres d'élevage de l'Orne a connu plusieurs épisodes importants cette semaine. Tout d'abord, un rapide retour aux faits.

La cour d’appel de Caen a confirmé la demande d’expertises environnementales avant ouverture du site GDE à Nonant-le-Pin. Au mois d'août, le tribunal d’Argentan avait ordonné qu’une expertise hydrogéologique et que des analyses environnementales (eau, air, sols, acoustique) soient effectuées avant l’ouverture de la décharge Guy Dauphin Environnement (GDE) à Nonant-le-Pin, ce qui donnait du temps aux associations environnementales, et mettait dans l’obligation l’entreprise GDE de prouver que l’impact écologique ne serait pas catastrophique pour la région. GDE avait fait appel de cette décision. Ce mardi 7 janvier, la cour d’appel de Caen, qui avait examiné le dossier depuis octobre, rend sa décision : elle confirme les expertises ordonnées par le tribunal d’Argentan. GDE est aussi condamné à payer 5.000 euros aux associations anti-GDE.

EXPULSION DES MANIFESTANTS ?

Le mardi soir, les éleveurs et les soutiens aux terres de l'Orne avaient donc le sourire. Mais dans la foulée, GDE demandait aux personnes qui bloquent l’accès à son centre d’enfouissement d’évacuer les lieux, s'appuyant sur la décision rendue également par la cour d’appel de Caen qui ordonne “l’expulsion de toute personne et tout engin se trouvant ou stationnant sur la propriété de la société GDE et ce, au besoin avec le concours de la force publique”. L'entreprise exprimait alors son intention de « reprendre l’exploitation du site de Nonant-le-Pin, conformément à l’autorisation administrative reçue en 2011, et confirmée par le Conseil d’État en 2013 ». Mercredi soir, 8 janvier, au cours d'une réunion sur le lieu de blocage et devant environ 150 personnes, les responsables des différentes associations confirmaient les juges, si ils validaient les demandes d’expertises sur le fond,  avaient également signifié que “rien n’était de nature à justifier l’occupation et l’entrave du site”. Demande qui devait être effective jeudi dès 6 h. Fort de cette décision, la direction de GDE a envoyé aux occupants un avis d'expulsion leur demandant de quitter les lieux. Les responsables du Front de résistance de l’Orne ont souligné alors qu’il fallait rester calme en cas d’expulsion par les forces de l’ordre. Et la mobilisation est demeurée forte, plus forte peut-être que jamais. Durant la nuit de jeudi, de nombreuses personnes ont dormi sur le site et les opposants avaient activé tous leurs réseaux jeudi matin.

Jeudi, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues. Certains évoquent de plus hautes sphères. "Yves Goasdoué et Laurent Beauvais -actuel président du conseil régional de Basse-Normandie et de la communauté de communes du Pays d'Argentan- travaillent à notre cause, explique Noëlle Sandoz, présidente de Nonant Environnement. Peut-être que les ministères ont été informés. «Yves Goasdoué a même demandé au ministre de l'Environnement de prendre position sur l'affaire via son compte Facebook; le député de la circonscription Flers - Argentan tout en se satisfaisant de la décision de la cour d’appel de Caen concernant le centre d’enfouissement du groupe GDE rappelle "que GDE doit laisser les expertises judiciaires contradictoires s’effectuer tout à fait normalement. La procédure administrative qui l’autorise aujourd’hui à exploiter ne saurait y faire obstacle. Je viens de demander officiellement au ministre de l’Environnement de prendre position. Je renouvelle mon soutien total aux associations qui, dans le calme et la dignité, se battent pour faire reconnaître le droit de tout citoyen à la sûreté, à un environnement protégé et à la vérification judiciaire de données administratives".

Un proche du dossier nous a précisé que jeudi soir, il semblait que GDE doive prouver qu’elle est bien propriétaire du site où campent les opposants avant que les forces de l'ordre n'interviennent au droit de la propriété privée. Et que ce serait uniquement dans ce but que les forces de l’ordre interviendraient éventuellement. Un délai semble avoir été obtenu puisque concernant l'évacuation des lieux, le tribunal a reporté une autre audience d'une semaine, dans l'attente que GDE fournisse “une attestation selon laquelle le lieu où sont entreposés les véhicules des opposants est bien le lieu de propriété de GDE ". Et si tel était le cas, rien n'empêcherait les opposants de se déplacer hors périmètre privé pour tenter de bloquer l'accès...

LES HAUTES SPHÈRES POLITIQUES AU COEUR DU DÉBAT

Quoi qu'il arrive désormais, les politiques sont maintenant au pied du mur et au cœur de l’affaire. On sait que les plus célèbres élus écologistes ont été très discrets dans ce dossier, probablement en raison de sa “dépendance” au pouvoir en place. On sait aussi que le dit pouvoir n'est pas très à l'aise avec des manifestants qui défendent des terres d’élevages réputées d'une grande richesse foncière et appartenant pour les plus importantes à de grands notables. À l'opposé, la société GDE n'a pas très bonne réputation et a déjà été mise en cause dans des dossiers sulfureux, la cause économique semblant parfois plus importante que la cause du traitement des déchets elle-même. Il est maintenant certain qu'après avoir longtemps laissé la balle au centre d’un dossier où le pouvoir précédent avait pris fait et cause pour GDE, sous la responsabilité de la ministre de l'écologie d'alors, "N.K.M», il va falloir trancher.

Les expertises demandées et évoquées en début de semaine sont le signe que la balance pourrait pencher pour les éleveurs de l'Orne, ce qui serait une bonne nouvelle pour tous les amoureux de la cause hippique et du patrimoine élevage. Maintenant, force est de reconnaître que tous ces propriétaires-éleveurs sont membres, par définition, des associations loi 1901 France Galop et Le Trot, les deux grandes sociétés de courses qui gèrent aussi l'élevage en France. Et que les dirigeants de ces dernières se sont montrés extrêmement discrets officiellement. Alors qu'il aurait peut-être suffit de se servir de l'impact médiatique (tant qu'il existe encore) des courses et du Quinté, pour mettre le débat plus tôt sur la place publique, afin que les défenseurs de cette cause ne se retrouvent esseulés sur place.

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