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Actualité hippique : une analyse acérée signée Lanabère

Il se passe chaque jour quelque chose sur les hippodromes. Si nombre de courses ne sont en fait que des épreuves loteries de faible niveau, il existe de vrais événements, avec des chevaux de qualité. Dans cette rubrique, vous saurez tout des compétitions de bon niveau et tout ce qui se dit en secret dans les coulisses. Présentation d'avant-course, analyse après-course en fonction de l'intérêt sportif...   Pour cela, nous sommes chaque jour au sein des écuries, sur les champs de courses et dans les centres d'entraînement.

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OURASI LE "LION" EST MORT CE SOIR

11 janvier 2013

OURASI LE "LION" EST MORT CE SOIR

Une page des courses, LA page des courses au trot vient de définitivement se tourner. Le légendaire OURASI, quadruple vainqueur du Prix d'Amérique, est mort alors qu'il allait avoir 33 ans au printemps.

Une page des courses, LA page des courses au trot vient de définitivement se tourner. Le légendaire OURASI, quadruple vainqueur du Prix d'Amérique, est mort alors qu'il allait avoir 33 ans au printemps. Il coulait une retraite paisible depuis de longues années, après une carrière inégalée l'ayant rendu populaire dans le monde entier, aussi bien des amateurs de courses que du grand public.

"C'est un sale jour. Nous avons dû nous résoudre à mettre fin à ses jours et le vétérinaire est venu le soulager à 11H00. Il a été enterré aussitôt ici, au Haras de Gruchy, où son empreinte restera à jamais", nous a confié Pierre Lamy, le directeur de ce haras situé près de Bayeux dans le Calvados. "Le cheval était là depuis les années 90. Trotteur au fort caractère, il a remporté 58 victoires dont tous les grands prix (parfois plusieurs fois) réservés aux trotteurs dans le monde.

Après une petite alerte il y a quelques mois, l'état du santé de l'alezan brûlé, qui était jusque-là resté dans une forme étonnante, avait commencé à fortement se dégrader il y a trois semaines, a précisé M. Lamy.

"Il ne mangeait plus depuis quatre jours, ne se couchait plus car il craignait de ne pas pouvoir se relever. C'était la grande, grande vieillesse. Cela faisait plusieurs jours qu'on reculait, devant une décision qui n'a pas été facile à prendre mais il souffrait et c'était la fin. On a été obligés de l'aider. C'est très, très dur", a ajouté M. Lamy. OURASI a passé sa dernière nuit "en compagnie de sa nounou", Annie Jumel, qui s'occupait bénévolement de lui depuis une douzaine d'années. "Deux ou trois proches" ont également assisté à la mise en terre, a précisé le directeur du haras. Il ne fêtera pas son prochain anniversaire, le 7 avril mais ceux qui l'ont adulé, aimé, auront une pensée pour lui. Selon M. Lamy, le plus grand trotteur de tous les temps "est probablement mort de complications intestinales car le coeur était sûrement encore bon. Il a toujours été exceptionnel, d'une résistance incroyable. Il a eu une vie très, très heureuse. ", a souligné M. Lamy.

Cheval à la forte personnalité, malin, autoritaire, le trotteur, qui n'a jamais accepté d'être monté, a toujours su ménager ses efforts, se préservant à l'entraînement pour ne donner sa pleine puissance qu'en course. D'où son surnom de "roi fainéant" et, peut-être, le secret de sa longévité.

Seul accroc dans sa carrière : en 1989, au faîte de sa gloire et archi-favori, il finit 3e du Prix d'Amérique devant le président François Mitterrand venu spécialement pour l'admirer. Mais c'est pour mieux gagner l'année suivante et devenir, juste avant de prendre sa retraite, à l'âge de 10 ans, le seul cheval à décrocher quatre fois cette prestigieuse compétition.

Ourasi a aussi réservé un pied-de-nez à ceux qui misaient sur ses gènes. Etalon "fougueux" mais peu prolifique, il n'a engendré que 38 descendants... Au haras de Gruchy, pour ses vieux jours, il partageait paisiblement son paddock de 1,5 hectare avec deux vaches comme dames de compagnie, appréciant les carottes que lui apportaient ses admirateurs.

Ourasi a longtemps conservé très belle allure : à 30 ans, seuls son dos un peu creusé, sa barbichette un peu blanchie et des creux au-dessus des yeux trahissaient son âge.

 

Dans les années 80, j'étais jeune journaliste, et j'ai eu la chance de côtoyer Jean-René Gougeon à l'époque où il dominait le trot français (depuis quelques années) et où il entraînait les "O" nés en 1980. Il y a avait le majestueux OLYMPIO DE CORSEUL, mais aussi le phénoménal OURASI, le plus grand trotteur de tous ceux que j'ai eu le plaisir de voir évoluer, un avis partagé par mon ami Jacques Pauc, la référence de notre métier qui en a vu encore bien davantage que moi. Voici deux photos d'archives exclusives, prises l'une, en fin de carrière alors que Jean-René avait eu son accident cardiaque et qu'OURASI effectue un de ses derniers exercices (avec Michel Gougeon) en vue de son dernier et quatrième succès dans le prix d'Amérique. L'autre cliché fut pris au pré, quelques années plus tard, alors que le "pépère" coulait des jours heureux avec Pierre Lamy, le bien nommé pour le cheval. Un homme qui s'est occupé de lui au mieux et sans qui OURASI, qui avait tendance à déprimer, n'aurait peu-être pas survécu après avoir connu une grande période de déprime à la fin de sa carrière de course. OURASI nous a donc quitté mais il restera gravé dans les mémoires de ceux qui ont eu la chance de la voir courir. J'ai eu cette chance, merci champion.  

J'ai eu la chance de voir, de rentrer même parfois dans l'intimité de ce trotteur de légende. Le voici, ci-dessous à l'entraînement, huit jours avant son quatrième Prix d'Amérique... OURASI, le plus impressionnant, le plus doué de ceux que j'ai vu depuis la fin des années 70, quand j'ai commencé à usé mes jeans sur les travées des hippodromes, et notamment de Vincennes.

Une photo qui montre qu'à 10 ans, OURASI était encore un monstre de puissance, avec un "compas" dans les allure, une envergure d'exception qui faisait de lui un trotteur quasiment invincible.

Il suffit de s'imprégner de cette image quelques secondes pour réaliser qu'il n'était pas fait comme les autres, qu'il avait un truc en plus. Un peu comme Teddy Riner en judo actuellement. C'est inexplicable, et c'est ce qui fait la beauté du sport, qu'il soit hippique ou autre...

 

OURASI à l'entraînement avec ici Michel Gougeon

 

 

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